lundi 12 mai 2008

Soyons francs avec le cancer

T’es lame, mec. Tu fumes de pets en rigolant comme le gros con que tu es profondément, pendant que le monde tourne sous tes pieds et dérive vers l’enfer. Tu pourrais construire quelque chose, ou TE construire. Ouvrir un bouquin, sortir de chez toi, te sortir les doigts et réfléchir cinq minutes à ce que tu fais, à ou tu vas. Tu réaliserais peut être que faire de ton environnement un endroit vivable est notre lot à tous, et pas seulement la corvée des mecs qui tirent la gueule sur tes t-shirts sales. Mais non, perdant. Tu es trop occupé à regarder des petites vidéos marrantes sur Internet. Tu fais ce qu’on te dit de faire sans jamais te demander pourquoi : te lever le matin, étudier, travailler, bouffer, chier, baiser, dormir, recommencer. Je te connais, et je sais que si on te demandait pourquoi tu ne tire pas simplement une balle droit dans la tête, tu te contenterai de ricaner avec ton habituel manque de classe. Parce que le vide qui sert de noyau à ton existence grotesque te fait rire, bolosse. Mais il devrait te faire hurler de terreur.

Tu sais ce qu’on fait des gens creux, aujourd’hui ? On les fait résonner. Prend la guitare sur laquelle tu gratouille come as you are quand tu te sens d’humeur romantique. Tu vois les cordes ? C’est ta weed, c’est ton Facebook, c’est ton poster du Che, c’est ton prime time. Toi, tu n’es que le trou, le putain de trou béant qui ne fait que porter les mélodies qu’un autre joue. Et lui… Lui c’est ton ennemi, pauvre tâche. C’est cette ombre sans nom qui a composé les ballades contre lesquelles tu t’offusque poliment pour draguer les pétasses : Jerusalem, Dachau, Guantanamo, le Rwanda, le Vietnam, l’Irak, les algériens dans la Seine et les missiles à Cuba.

Tu achète ce qu’on te vend, tu le mâche, le digère, et tu nous ponds avec fierté la merde que tes semblables dévorent goulument. C’est comme ça qu’on te reconnait : à ton haleine chargée de déjections. Tu sens Baudelaire mal digéré, Dragon Ball Z et les Doors avalés sans mâcher. Et tu en recommence, inlassablement, jusqu’à répandre ton sperme malade dans l’utérus de ton penchant féminin. Pour que ton échec perdure, et que les parasites que tu élèveras puisse te dire à quel point tu as raison, raison de remplir la décharge que tu leur laissera en partant, raison de baiser leur mère pour qu’ils ne soient pas seuls, raison de piétiner tout ce qu’il y a de beau et que tu n’a pas su voir.

Tu n’es pas qu’un modeste petit pion passif, petite pute. Tu es une partie du problème.

mardi 6 mai 2008

La Suite

La suite, la suite…

L’aiguille, cette vieille salope, a continué de tourner. On a tous couru après, et c’est ce qu’on est encore entrain de faire au moment précis où je tape ces mots – et au moment où vous les lisez. Allez, on a qu’à dire que c’est rassurant et je serais tiré de cette introduction poisseuse.

Je parlais il y a peu de mes petits moments zen dans la bande d’herbe au fond du parking de Tertia 3000. Pas de surprises, le monde est toujours aussi pourri : après en avoir profité pendant deux semaines, d’autres ont repéré le bon plan. C’est vrai que je devais avoir l’air bien, allongé là, à faire des grands signes au soleil… Alors les zombies étudiants ont décidé d’essayer, et ils ont tout balayé sur leur passage. Ils ont garé leurs voitures devant le bon petit coin, ramené leurs potes, et se sont mis à brailler leur vent et leurs dragouillages en taxant des clopes. En arrivant sur place ce midi, j’avais l’impression que l’armée chinoise avait marché sur le Tibet… Ah merde, déjà fait. Saloperie de monde dégénéré.


Mais je ne suis pas le Dalaï-lama, je suis un jeune enfoiré de vingt ans capable de tuer pour un BN. J’ai donc mis au point un plan assez démoniaque de contre-attaque. Je me suis levé, et je suis parti en quête : un tour à l’accueil d’où les sympathiques et innocentes secrétaires m’ont dirigé vers le sous-sol de Frank, le-type-de-la-maintenance qui m’a procuré une scie, un marteau et des clous…Un tour à a Bricorama accompagné d’un punk propre au nez percé pour récupérer des chutes des bois (et vraisemblablement me faire draguer employée par ch’ti en tablier qui m’a invité…à une brocante)… quelques minutes sur les ordinateurs fournis par l’école… And voila : une pancarte sur laquelle on peut lire "Cet espace de détente est strictement réservé à l'usage des membres de l'Association des Nazis Violeurs d'Enfants (AINVE). Les contrevenants seront exécutés sommairement. Si vous souhaitez rejoindre l'AINVE, rendez-vous sur http://www.ainve.france.googlepages.com/"

Elle va trôner entre les pâquerettes de mon sanctuaire de silence adoré, le site attend les plus tenaces et c’est de bonne guerre : l’invasion des insupportables parasites a déjà commencé, il est de mon devoir de citoyen de résister jusqu’à la mort.

Ce sont des journées d’action désespérée comme celle là qui font passer la pilule, la grosse pilule bien sèche et amère. Regarde ton meilleur ami se laisser crever, miam. Fait toi enfourner par la machine à former des salariés fidèles, et avale. Ulcère toi jusqu’à ce que tes sucs gastriques dégoulinent sur ta chemise neuve…hmmm…C’est bon hein ? Allez, remplis plus de formulaires que tu ne remplira jamais de pages blanches, tu vois ? Ca passe tout seul.

« La vie, c’est une supernova pleine de délicieux petits éclats de chocolat et de lames de rasoir »

C’est quelque chose que j’ai dit à quelqu’un que j’aimais, va savoir à propos de quoi. Plus ça va, plus je me dis que je suis tombé juste. Tant pis ? Ou tant mieux ?

jeudi 24 avril 2008

Réveil en boucle

Bibibip, bibibip.

La sonnerie stridente de mon portable me tire une fois de plus de mes cauchemars. J’ouvre les yeux devant un cendrier rempli, les images de sexes hérissés de pointes et de crocs flottent encore dans un coin embrumé de mon crâne. Douche, jus d’orange, céréales et branlette dans la capitale du nord : Valenciennes (si, si). J’ai déménagé. Je suis même devenu étudiant en « game design et gestion de production », une façon qui en vaut d’autres pour dire que si je ne suis pas rapidement touché par la grâce divine, je deviendrais la salope d’une entreprise tentaculaire spécialisée dans la futilité à énorme budget. A moins que je ne passe ma vie à bosser comme un fou pour que Barbie Equitation 12 soit prêt à temps.

Ellipse.

Allongé dans la petite bande d’herbe au fond du parking, je règle le volume pour ne plus entendre la circulation. Space Oddity. J’oublie que je suis un bon gros steak juteux en devenir qu’on laisse brouter un instant. Il fait chaud mais un petit vent frais transforme la canicule en douceur paradisiaque. Plus rien n’existe au-delà du sol moelleux, du ciel bleu et de la voix brisée de Bowie. J’aimerais vivre mes derniers instants en apesanteur, lancé vers le soleil. Je n’aurais pas peur de la mort. Je serais paisible.

Retour à la branlette matinale, donc.

C’était désagréable mais nécessaire. Paré, j’enfonce les écouteurs jusqu’aux tympans, je ferme la porte à double tour et c’est parti. Le quotidien, c’est le putain de Vietnam. Je passe devant l’appartement de mon ex –qui est aussi ma voisine de pallier. Une histoire d’amour qui pique : j’ai du rompre parce-que je ne sais vivre que seul et qu’elle ne sait pas vivre seul. Adieu les moments magiques. Je monte le son. Escaliers en linon, portes en plastique. Cette résidence aura ma peau, avec son look d’emballage plastique. Je me tire de là et j’attaque la dégueulasse rue Jean Bernier. Plus j’approche du tram, plus je me dis que je me suis planté quelque-part.

Encore une ellipse.

16h, pause café-clope-conversation. Il fait beau. C’est une journée de rêve dans cette ville grisâtre. Je me sens bien, plus près de l’arbre qui éclate de ses racines profondément enfoncées dans la terre à ses feuilles brillantes que du loser qui rampe nu dans l’obscurité de ses 20m². Je remets mes écouteurs : Dead Man Walking cette fois, pour un tour du centre de formation. Je regarde encore le ciel en marchant, et c’est parfait. Je suis libre, je vois la sortie et je souris béatement.

Retour rapide.

Je contemple donc les conséquences de mes conneries répétées en descendant la rue. J’ai passé les 8 derniers mois à tout laisser tomber : mes passions, mes études, mes amis, mes études, ma famille, mes responsabilités, et, pour ce qui vous concerne, mon blog. Un énorme sacrifice sur l’autel de la romance. L’amour est donc une plaie. Magnifique, pleine de sens, mère du frisson des frissons. Mais du genre à gangréner tout le reste jusqu’à vous transformer en une masse informe de chaires mortes vouées uniquement à leur propre putréfaction. Une peste rose bonbon, en somme. C’est un peu miné par ces considérations que je monte dans le tram. Valenciennes a un air étrange sous le soleil : les beaux jours n’ont pas l’air à leur place ici, les murs de brique n’ont pas été construits pour être caressés par ses rayons. Voir les ch’tis transpirer comme des porcs embrochés me dérange un peu, alors je choisis le paysage. Ca défile, la musique rythme le passage des bâtiments tristes, et paf. Je repense à la semaine dernière.

A suivre : Que c’est-il passé la semaine dernière ? Vais-je tenir ma promesse à John de raconter ma soirée au pays de la vodka frelatée ? Verra-t-on apparaître un fémur humain ?

Merci d’avoir prêté attention au cliffhanger le plus lamentable de l’histoire des cliffhangers.

dimanche 9 septembre 2007

CHKI WAW WAW BOWWWW

Ma vie va commencer à ressembler à quelque chose la semaine prochaine : nouvelle ville, nouveau blog, même merde. Au programme, changer le monde et continuer de fumer trop de clopes. Hier soir, c'était ma dernière soirée dans la ville que je connais trop depuis trop longtemps, et pour fêter ça je me suis lancé dans une grande premère. Un boite. Moi. En boite. Un type qui aime parler d'apocalypse nucléaire et de pornographie pédophile à des poivrots cirrhosés, à l'endroit ou on va, entrain de faire ce qu'on fait. Eh bien je dois dire que j'ai passé une putain de bonne soirée qui m'a conforté dans l'idée d'une réconciliation avec la culture de masse et l'espèce humaine en général. Bon allez, cut the BS, je vous raconte ça tout de suite.
Ca à commencé dans un bar à shots de menton ou l'alcool était assez bon marché pour qu'on puisse boire un vrai coup. Deux Cerveaux, Un Aftereight et 6 B52 pour moi : en français, des trucs à base de Bailey's dont certains sont allumés au chalumeau par un serveur fatigué. Même s'il y avait un Vion dans l'assemblée - le Vion est espèce rare de zombie sans âme qu'on reconnait à sa calvitie étonamment avancée- l'ambiance était plutôt chaleureuse pour ce qui n'était qu'une cuite express sous prétexte de regroupement. Une fois la métabolisation de l'éthanol engagée, on est allés s'enfumer un peu sur la plage histoire d'être sûrs de pouvoir danser comme des dieux. Je me suis dit quelque chose comme "je devrai me sentir un peu con, au milieux de 16 autres personnes au bord de l'eau, à regarder si un joint vient dans ma direction", puis le joint en question est arrivé et la réflexion s'est perdu dans un nuage. Le temps de lancer un autre de mes plans drague foireux et on était partis pour Monaco, capitale de la hype et de la night dans un rayon de 50 kilomètres. John le mec sérieux dans son costrad sérieux au volant de son bolide rouge tango (si si, ca existe), L'autre Sam et sa chemise rose saumon en plein discours sur la façon dont les videurs allaient nous laisser dehors assis à sa droite, Antho le futur para et le pauvre moi entrain de danser à l'arrière, on a pris notre pied juste en faisant la route : c'est dire si la soirée commençait bien. On a pris nos plus beaux airs confiants et on a grimpé les marches du Karément avec un naturel à faire froid dans le dos.
Puis on est entrés.
J'ai du mal a croire que j'aie pu me passer d'une ambience qui me convient tellement par pure étroitesse d'esprit. La bande de cons pédants que je m'attendai à voir remplir cet endroit était en fait une foule de jeunes bestiaux en concurrence permanente, et toute la nuit un jeu de bravoure glam confiné dans un micro-univers magique : tellement peu de lumière, tellement peu de détails à observer qu'on regardait forcément la même chose, qu'on pensait à la même chose et qu'on pouvait se concentrer sur l'essentiel : danser, se regarder, et se laisser guider par la bête qu'on enferme d'usage au fond de nous par manque de courage. Puisqu'on en parle ... "la sélection naturelle se fait au courage", dit ma psy, "les animaux ne s'affrontent pas : c'est le plus brave, et non le plus fort, qui va perdurer". C'est de cette idée que j'ai fait l'expérience hier soir. Le paroxysme de la culture, avec ses stroboscopes et son DJ sapé comme un Dieu, est finalement ce qu'on a de plus proche de l'état de nature. Et c'est bon, foutrement bon. Vodka-Redbull et Sex on the beach par dessus cette expérience transcendentale, et vous devriez comprendre pourquoi je parle de "putain de bonne soirée".
Comme je le disai sur le chemin du retour, je viens de prendre une nouvelle habitude. On se voit à Paris ?

mardi 7 août 2007

Move your body

Toutes des salopes ! J'vous emmerde, bande de beaufs ! Ma vie est peut-être aussi minable que la votre, mais dans le fond je suis super différent et vous pouvez pas comprendre. Ouais. Je ne me trouve même pas crédible moi même, en poivrot anarcho-nihiliste. Concrètement, j'enchaîne juste les verres/joints/whatever (selon le parfum dela soirée) comme le premier connard venu, et ma vie se résume à ça et aux boulots lamentables que j'enchaîne pour financer mes conneries de jeunesse. Enfin, je suis quand même un mec super dans le fond, alors je ne me contente pas d'un constat navrant et je prend des mesures : l'été prochain, je claque les misérables billets qui m'auront couté mon âme et je part la retrouver au Népal : grimper une montagne à dos de Yack, boire son beurre mélangé à une liqueur répugnante, me payer des centaines de putes mineures pour le prix d'un Big Mac, apprendre le Kung Fu dans un monastère secret, ce genre de conneries.
Et personne ne me prend au sérieux.
Giulia est italienne et s'en fout.
Adrien parle de moto et fume.
Ma soeur, c'est ma soeur et elle s'en fout.
Sarah est blonde (mais pas trop conne).
Ma mère veut que je mange des produits frais.
Mon père pense que je suis con mais dans le fond il m'aime bien.
Géraud est un connard de geek qui ne sait pas ranger sa bite.
Claude veut récupérer son DVD.
Nico est chiant.
John veut jouer à DDR.
Les Vions sont des vions.

Et caetera. Je passe sur les gens a qui je ne pensent pas et ceux qui sentent la merde. Vous verrez, vous verrez qu'on peut faire tourner le monde à l'envers

lundi 16 juillet 2007

Vietnamese Homerun

Je suis né seul, arraché à la paix utérine dans un flot bouillonnant de sécrétions maternelles. Rien n’a changé depuis, même si la petite chose potelée d’alors occupe un peu plus d’espace : l’existence est solitaire, on ne partage rien. Le souffle du vent ou le goût du café, on les apprécie au mieux en parallèle : chacun son monde. Et le mien m’a ouvert les yeux : si j’ai la tête dans les nuages, c’est parce qu’on m’y a envoyé à coups de batte. Je sais comment on fonctionne, parce qu’après avoir été brisé par ce bon vieux hasard, j’ai du apprendre à me reconstruire. Alors je n’ai pas de remords à me lancer dans la quête d’un bonheur qui ne sera qu’à moi.

Je suis prêt à tuer s’il le faut pour garder mes amis, comme celle qui cet après-midi a réussi à tuer ma paranoïa à grands coups d’honnêteté. Je suis prêt à tuer s’il le faut pour qu’ils se sentent bien dans leurs pompes. Je suis prêt à tuer s’il le faut pour le salut de la confiance. Mais la vie reste une guerre, et on ne peut la mener que pour soi. On se bat pour avoir sa place au soleil contre six milliard d’innocents. Homo homini lupus, en somme, et le Leviathan n’y a rien changé. Désolé, Hobbes, ca n’est qu’une bête de plus lâchée dans la jungle et prête comme les autres à nous bouffer les genitals au moindre faux-pas.

La guerre, on connaît, pourtant : tout le monde se met sur la gueule pour ce qu’on ne peut pas couper en part égales, et ca se termine dans un énorme nuage en champignon. Celle la a un petit quelque chose de différent : la victoire, c’est la paix intérieure. Inutile d’atomiser le reste de l’espèce pour gagner. Il suffit d’être meilleur. Ensuite, on peut souffler et apprécier ce qu’il y a de meilleur au fond de chacun. Parce qu’il y a une bonté humaine, et c’est en son nom que je ne baisserai jamais les bras, parce que je l’aime et c’est tout.

Je veux juste être un étranger partouzeur, vaguement philosophe et profondément satisfait avant que le temps n’ai fait de moi une statue sans visage de plus, érodée par son souffle.

Et c’est dans la poche.

dimanche 15 juillet 2007

De la musique et des filles

Il y a une ambiance qui naît…

Tous ensemble au milieu du stade, on saute en hurlant, parce que Muse est vraiment entrain de déchirer. Tous ensemble on sent la chaleur et la sueur qui commence à couler dans nos cols. Tous ensemble, on est seuls et paisibles, et nos bras immenses peuvent caresser les murs au loin. On est une foule, on est un. Ouais, ce concert était énorme. De la fumée, des impros psychédéliques sur fond d’images hypnotiques et l’inévitable lâcher de ballon. C’était intense, jeudi soir.

Et il y a une ambiance qui meurt…

Le bal du 14 juillet de Sainte Agnès, c’est autre chose. On danse sur de la musette ou du Claude François, mais on connaît les abrutis qui font bouger leurs corps grassouillets. Et du coup, on les voit porter leurs visages heureux, parce que merde, c’est jour de fête. C’est juste la joie en famille au fond. Je me suis bien marré ce soir : quelques verres de Jet, quelques bières, quelques joints… j’ai passé trois heures à discuter avec une victime consentante de l’atmosphère rurale, trouvé ma sœur beaucoup trop perspicace, et eu une véritable conversation de poivrots (« ah ouais cette vodka c’est traître, une demi bouteille et ca m’a retourné ») avec une légende vivante de l’ivrognerie. Allez, je vous fais le tableau : j’entre dans une pièce minuscule d’où s’évacue un épais nuage de fumée. C’est une vision infernale ou une bande de teenagers enragés regardent Love Actually en rigolant, en baisant (enfin, je crois, il faisait sombre) ou en bavant. Mon pied entre en contact avec quelque chose de mou. Ah, c’est Bobo. Il me regarde. Il sourit. Il a les doits en V. Et comme je suis aussi éclaté que lui, ma première réaction est de me demander si c’est un putain de hippie. Puis j’engage la conversation. C’est comme ça que je me suis rendu compte que j’ai passé une bonne soirée aussi.

Voila, c’était juste histoire de violer une fois de plus la dépouille du bon vieux débat de l’exode rural. Et puisque je suis là et que j’ai envie d’être méchant, je recommande à tous les fans du Mechanical Animals de Marylin Manson qui y voient un album original et inspiré d’écouter Cracked Actor de Bowie sur Aladdin Sane. Je viens de faire l’expérience, et je me sens tellement trompé que j’en râle sur mon blog.

Ploum Ploum.

mercredi 11 juillet 2007

C'est la vie (said the old man)

Qu’est-ce que c’est, l’aventure ? J’ai toujours rêvé de parcourir les routes du vaste monde au hasard dans une grosse caisse américaine pour rencontrer des poivrots, des guerilleros, des artistes et des comptables. C’est mon idée de la réponse. Pourtant, aujourd’hui, j’ai retrouvé le sentiment qu’il y a dans ce Road Trip fantasmé et sans aller très loin. J’étais parti pour distribuer des C.V à la pelle dans ces temples du cynisme appliqué que sont les agences d’interim. Je me suis donc retrouvé à Monaco : ces choses là y poussent comme des champignons et puis surtout, là bas, le boulot paie bien. Puis sur le chemin du retour, je me suis perdu. C’est une ville microscopique, Monaco, mais je me suis perdu. J’allais reprendre la route de chez moi quand le destin s’est encore adressé à moi (il est plutôt bavard) : il FALLAIT que je passe par la Turbie, et que le trajet emmerdant et familier devienne une promenade en montagne. Complètement insensé, mais impératif. Arrivé à la Turbie, j’ai eu envie d’un café, alors je me suis laissé tombé sur une chaise du café-bar-tabac-glacier du village (qui fait aussi des sandwiches). Et c’est là que j’ai rencontré encore rencontré Sandrine.

OK, personne ne sait que j’ai rencontré Sandrine il y a un peu moins d’un an. Mais maintenant tout le monde le sait, hahah.

Bon, c’était une autre Sandrine. Pas trop embrouillés ? Je reprend.

Sandrine, donc, m’a aidé à choisir ce que j’allais boire. Puis elle m’a préparé le meilleur jambon-beurre que la terre ait connu (« avec le pain d’en face, le jambon d’â côté et le beurre d’un peu plus loin »), et elle me l’a préparé «au tarif intérieur, pas au prix pour les touristes. Une serveuse aussi gentille au cœur d’un moment pétillant de mystère méritait un pourboire plus que décent et une place de choix dans ma mémoire. Mais il me manquait 8 centimes pour payer. Elle aurait pu être au moins agacée de voir qu’en plus d’être complètement à la masse et indécis, je n’avais pas de quoi la payer. Mais non : elle a voulu laisser passer. Alors je lui ai promis de venir payer le demain sans qu’il soir question de la laisser regretter d’être une fille bien, elle m’a donné ses horaires et je suis parti en lui disant « à demain ». Quand je suis parti, elle m’avait offert un pain au chocolat pour mon petit déjeuner.

Je ne la reverrai probablement jamais après demain. Il faut que je lui offre un truc.

C’est un peu con-con, tout ça. Mais moi, avec une heure de route de montagne sur fond de Sweet Home Alabama et un drôle de sentiment, j’appelle ça l’aventure. Et je vous emmerde.

vendredi 6 juillet 2007

The End

L'année se termine pour moi là ou elle a commencé : sur le belvédère de Sainte-Agnès, par une nuit tranquille d'été. Avec la ville et la mer devant moi, sous les étoiles. Il y a bientôt douze mois j'étais donc au même endroit et au bord du gouffre. Celui qui n'a pas de fond et duquel on ne ressort pas. J'étais une épave, un drôle de truc qui commençait à rouiller. J'étais seul, sans voir ni d'avenir ni rien à désirer. J'étais prêt à renoncer à tous mes rêves, comme un pauvre truand. Et puis j'ai eu un moment de pure beauté qui a tout changé. J'ai envie de croire que c'était quelque chose comme la grâce divine : un souffle, une énergie paternelle m'a poussé à ne pas abandonner, m'a montré une voie que je devais suivre comme étant la seule qui soit bonne. Aujourd'hui sur ce banc je suis assez serein pour murmurer le mot ...bonheur. Plus d'idées noires ou alambiquées qui viennent tourbillonner dans ma pauvre tête, plus rien que la tendresse de l'instant. Ce moment ressemble à celui ou je souriais sous la pluie, ou à celui ou je buvais mon premier café : c'est un moment californien, un de ceux qui résonnent jusqu'à l'infini et ont le gout de larmes de joie. Convenus mais précieux.

J'ai eu mon BAC et l'admission dans "mon" école mardi. J'ai réussi, et c'est tout ce que je voulais pour cette année : me libérer d'un enfer vieux de 15 ans et peuplé de démons grotesques, réaliser un projet idéal. Mais j'ai aussi fait une expérience décisive, redécouvert le monde dehors, changé pour de vrai, retrouvé des connaissance et ... Rencontré quelqu'un que j'aime à ma façon et qui m'aime à ma façon. Je ne parle pas de romance ici. Je parle de quelque chose d'autre. Quelque chose de bon. J'ai juste envie d'être reconnaissant envers tout, envers tout le monde, et de plonger tête la première dans cet avenir enfin neuf. Merci, la vie. Merci, toi qui te reconnaitra.

Ca commence maintenant.

mercredi 27 juin 2007

1967

« If you're going to San Francisco,
be sure to wear some flowers in your hair...
If you're going to San Francisco,
Summertime will be a love-in there. »

La chanson culte de Scott McKenzie a un incroyable pouvoir de suggestion. A chaque fois que je l’entends, je vois les quinquas barbus que sont nos parents plus jeunes, moins bedonnants, et en route dans un van multicolore vers leur summer of love. Comme pas mal de mes pairs (les jeunes ingrats et matérialistes), je regrette n’avoir pas eu 20 ans à l’époque. Mais pas pour les raisons qu’on pourrait croire. D’accord, des centaines de milliers de chevelus à travers le monde se sont dit qu’ils pourraient faire la différence avec leurs idéaux de paix, d’amour et de liberté. D’accord, ils ont baisé comme des lapins. D’accord, ils sont allés au Tibet avec leur herbe et leurs guitares. Mais ce que l’Histoire nous a appris, c’est qu’ils avaient tout faux : le Flower Power est mort avec les premiers junkies qu’il a engendré, en ne laissant derrière que les perdants qui nous ont élevés, dans un monde qui n’a pas changé. Aujourd’hui, ils entretiennent ce qu’ils s’étaient voués à détruire : regardez les, dans leurs bureaux, entrain d’agiter leurs photos de Woodstock, de parler de leur temps, quand on pouvait encore rêver. Si leur combat est perdu, c’est parce-que ce n’était pas le bon. Et s’ils en sont si fiers, c’est pour puiser dans les yeux admiratifs de leur auditoire l’énergie de se mentir à eux même. De se dire qu’ils n’ont pas perdu leur temps.

Les imitateurs de ces jeunes d’autrefois mériteraient d’être battus à mort. Ils sont de la pire espèce de cons : les cons dangereux. Tous prêts à reproduire les erreurs de leurs ainés, comme des moutons à l’abattoir. Parlez leur d’idéaux, ils vous éructeront un résumé quasi-scolaire de toutes les idées démagos des sixties. Les plus lourds iront jusqu’à réciter du Marx. Ceux là ont choisi la facilité : à quoi bon penser par soi même, puisque d’autres ont déjà eu les idées qui plaisent aux pouffiasses ? Personne n’avance, comme ça. Ca joue les petits révolutionnaires pendant qu’il y a autour d’eux un vrai problème auquel ils n’ont plus le temps de travailler. Si ce sont les espèces de neo-hippies que je hais le plus, c’est parce qu’ils sont champions en termes d’arrogance déplacé. L’exemple le plus frappant en est probablement le T-shirt du Che, porté fièrement, qui veut dire « je supporte les révolutions antimondialistes et ceux qui ont le courage de se battre pour la liberté » mais murmure en fait « je suis en admiration devant l’homme qui a supervisé des exécutions politiques, mis en place des camps de travail forcé et contribué à menacer l’humanité dans son ensemble d’une apocalypse nucléaire ». Et n’oublions pas que leurs aînés avaient tous leur Petit Livre Rouge en poche. Mais si, vous savez, le best-seller d’un tyran responsable de plusieurs dizaines de millions de morts.

Vous voila avec sur les bras une partie des raisons pour lesquelles je conchie les petits rebelles qui sont tellement populaires, et ceux qui y verraient de la pure jalousie m’insulteraient en insinuant de la sorte que je puisse regretter la sympathie d’un ramassis d’ignorants sans âmes. Mais pas un mot sur ce qui m’attire dans l’âge d’or du Vinyle. Eh oui, mes hypothétiques mais néanmoins estimés lecteurs : il faudra attendre un prochain post pour en savoir plus. Je sais que vous crevez d’impatience.

[Message d’intérêt général : mieux vaut rester les bras croisés que les employer à un mauvais combat.]

mardi 26 juin 2007

La Vérité révélée

Une journée si riche en fun entre potes que je ne vous ferai pas l’affront de vous la raconter vient de s’achever. Laissons là la triste banalité du fait pour plonger tête la première dans l’abstraction et tout ce qu’elle peut avoir de tragicomique. Allez.

Je me suis en fait donné pour devoir d’avouer publiquement une tare : je suis un gothique. Pas de poster de The Cure, de bottes montantes ou de font de teint, non, mais un penchant notoire pour l’esthétique du blafard, du blanc sur fond noir et du maigrichon. J’aime les filles en pantalon serré, les courbes généreuses mais délicates à peine soulignées et puis les cheveux bruns, les meubles sobres, et puis j’aime Baudelaire. Un cliché. Merde, qui n’entend pas quand Baudelaire parle, qui n’est pas sensible à la pureté ses vers ? C’est du fait-pour-tout-le-monde, de l’art qui fait vibrer la corde commune. Vous comprenez maintenant, je crois, que ce qui fait à mes yeux de ce fait un aveu difficile, c’est la mégalomanie qui m’interdit de vouloir être commun. Dire « je suis un gothique », c’est dire « je suis un connard doublé d’un emmerdeur né ».

A peine est-ce dit que s’insuffle en moi un sentiment nouveau de confiance en soi. Je peux maintenant sortir dans la rue et hurler :

« J’assume ! J’assume ! »

Et d’enchaîner sur un Joy Division le regard vide, en allumant une clope d’un geste las.

dimanche 24 juin 2007

Rencontre de boulangerie

Salut, Internet. Je t’aime bien toi. On peut passer des mois à te snober puis se remettre, du jour au lendemain, à te raconter nos pensées les plus profondes ou les plus futiles sans que tu nous en tiennes rigueur. J’ai connu des amis moins tolérants. Et en plus, ils ne fournissaient pas le porno. Bon, allez, je crache le morceau : je t’ai privé de mes élucubrations sordides parce qu’elles auraient trop dit de quelqu’un qui n’aurait pas aimé être le sujet de leur cynisme débridé. Ou quelque chose comme ça. Et puis j’étais occupé à la vivre, ma vie, un peu trop pour m’amuser à y chercher quotidiennement l’absurde qui constitue l’essentiel de mon propos. Allez, prend ça comme une excuse et prépare toi à me subir un peu plus…

Etant un peu trop fatigué (euphémisme. Je veux en fait dire : « complètement éclaté, à peine lucide et au bord du split brain ») pour en raconter davantage ce soir, je te propose de découvrir EN AVANT PREMIÈRE MONDIALE le contenu d’un .doc qui moisissait dans un dossier oublié de Dieu lui-même. Je l’ai choisi parce qu’il témoigne du niveau d’inintelligibilité que je peux atteindre pour peu que la fumée qui fait rire ait secoué suffisamment de mes neurones :

« Il y a une part de nous qui est le témoin hilare de nos petites humiliations quotidiennes. Cette autre moi qui nous fait nous dire à voix basse « mais quel con ! », cet esprit désinhibé et lucide au-delà des brumes de nos impressions artificielles. Est il incarné par une sorte de conscience à la fois partie et indépendante de nos êtres, ou n’est il que l’éclat fantasmagorique d’une facette finalement anecdotique de ces même êtres qui ne sont, au mépris de tout mysticisme complaisant, que complexes ? »

Voila ce qui arrive quand on laisse un pauvre type carrément défoncé s’amuser seul à placer le plus possible de mots pédants dans une phrase. Voila ce qui arrive, quand des parents négligent leur devoir fondamental : battre leur gosse s’il manifeste une quelconque forme d’intérêt pour la langue française ou n’importe lequel de ses cours. Je te laisse y méditer.

A bientôt, donc.

jeudi 22 mars 2007

Juste pour dire que ...

Je m’ennuyai, alors j’ai jeté un œil aux statistiques de la page que vous avez sous les yeux. En février, 184 personnes seraient venues y lire mes histoires de frustration, de Lysanxia et –surtout- de lose. Merde. Je ne connais pas 184 personnes, même en comptant les gens sur qui j’ai juste vomi une fois en soirée. Une seule conclusion s’impose donc naturellement : j’avais raison. Je suis traqué, vous êtes tous contre moi : du dentiste qui me demande de le voir régulièrement pour m’enfoncer des implants GPS dans les gencives au voisin dont le sourire forcé ne cache qu’avec peine son intérêt pour le vol de mes organes en passant par les patrons de cafés qui mettent des inhibiteurs de personnalité dans mon carburant, l’air de rien. Je le savais. J’estime à environ 83% la part d’agents du gouvernement parmi ces visiteurs, et peut être même y avait il parmi eux deux ou trois mutants télékinésistes… Ca expliquerai les maux de tête.

Que je sois la cible d’un complot d’envergure internationale ne changera pourtant en rien ma détermination. J’ai une mission sur cette terre, une mission que seule la mort pourrait m’empêcher d’accomplir : déblatérer des inepties cryptiques sur un quotidien que le dernier des éleveurs de fourmis kazakh ne jugerai même pas anecdotique. Quel poids sur mes épaules. Peut être qu’une fois que je serai entré dans une frénésie meurtrière et que j’aurai emporté avec moi dans la tombe une foule d’innocents, ces mots seront la dernière trace de la chute d’un jeune homme pourtant sympathique dans la démence, un autre témoignage de la folie de ce siècle. Et peut être que je me touche trop la bite

Au temps pour la remise en question à laquelle je me serai livré si j’avais eu une once de bon goût. Mais bon, ma psy est en vacances, et c’est un excellent prétexte pour faire n’importe quoi… Ce que je fais à merveille depuis que j’ai eu la brillante idée d’avoir une conscience.

mercredi 21 mars 2007

Paris Orly

On se réveille, on se bouge, on bosse, on s’amuse. Un grand verre de jus d’orange pour l’un, une clope pour l’autre, puis l’un révise ses examens pendant que l’autre empile des briques. Peu importe : à la fin de la journée, tout le monde éteint la lumière, et à ce moment là, tout ce qu’on a pu faire ou être n’a plus la moindre importance. L’un comme l’autre est seul dans l’obscurité, et même si il fait chaud et que le lit est confortable, on est foutrement seuls une fois que le tumulte d’une journée routinière –ou moins routinière- s’est tu. Qui n’a jamais pleuré dans ces moments là ? Qui n’a jamais maudit le ciel ?

On me demande de travailler, de m’assumer, de me prendre en main. Mais si dans une vie comme dans l’autre on finit par fondre en larmes de désespoir, quel intérêt ? Je pourrai être le dernier des derniers, je n’en serai pas moins avancé. Voila ou j’en étais, jusqu’à ma rencontre avec un ange. Bon, c’était un ange moderne : algérien-belge-européen, veste en cuir, café-clope. Mais son air trop paisible pour l’un des nôtres a grillé sa couverture. Hassen (c’est son nom) n’a eu que quelques mots à dire pour me rappeler que l’équation n’était pas aussi simple :

« Vous êtes deux, vous êtes jeunes, vous êtes là pour vous épauler l’un l’autre. Tenez, allez vous prendre un café ».

Le temps de s’exécuter, et il s’était envolé. Mais son regard et ses mots, eux, se sont tranquillement glissés jusqu’au cœur de mes os. Voila, je vais maintenant aller éteindre la lumière en me souvenant qu’au même moment, mon binôme est un peu plus bas dans la vallée. Et c’est le sourire aux lèvres que je vais m’endormir.

samedi 10 mars 2007

L'Afrique

Depuis quand n'as tu plus rendu compte de ta vie de sex symbol agnessois? Ton public t'attend, nous avons tous des bugs psychologiques, nos rêves rament et nos bases de données manquent cruellement de ressources....
Quand vas-tu te décider à poster ce ".doc" lâchement abandonné sur ton bureau?
Nous t'attendons. Jouis cette fois de ne pas nous attendre, mais finis toi! Et reviens...
Un grand voyage se prépare d'ailleurs...

Amicalement.

mercredi 14 février 2007

Vous m'aurez pas vivant

Cet été, à la nuit tombée, je me promenai avec une amie et son copain dans Sainte Agnès (mais si, le fameux village). Je crois qu’on allait chez moi, faire des crêpes et regarder les sitcoms sur canalsatellite. En chemin, on a croisé toute la petite famille des jeunes du coin, c'est-à-dire cinq ou six personnes au moins aussi adolescentes et paumées que nous. Ils étaient sur les marches devant le cimetière, entrain de faire ce qui se fait par une nuit d’été : rigoler et fumer des joints. Comme ils nous ont proposé de se joindre à eux, on s’est assis pour en faire de même. Et cinq minutes plus tard …

-Putain, je viens d’avoir une idée géniale !
-Ah ouais, c’est quoi ?
-Bah tu vois, il y avait Buffalo Bill, et il tuait des bisons, et donc on a inventé Buffalo Grill, c’est un jeu de mots astucieux et tout …
-Ah ouaaaaiiiiiiiiis, ouais, c’est vrai, et c’est quoi ton idée alors ?
-Baaaaaah tu vois, il y a eu Tchernobyl, c’était un vrai merdier atomique, alors on devrait ouvrir des Tchernogrills, ça serait marrant, j’veux dire, l’essence de l’humour !
-Merde, t’a trop fumé mec !

Beaucoup de « Ah ouais » et de « Bah » ce soir là donc, et une idée que j’ai été le seul à saisir –normal, elle venait de moi- ça ne fait pas une anecdote très instructive. Mais peu importe. Je suis parvenu à placer deux choses : le pourquoi du titre de ce blog et ma fascination pour le nucléaire. Je crois que ça a commencé au collège, quand j’ai vu ces photos d’ombres décalquées sur les murs : j’ai compris la toute puissance de l’Arme. Un truc capable de souffler une ville et d’en faire une zone condamnée pour des siècles. Un truc capable de faire naître des veaux à deux têtes, des enfants mutants et d’empoisonner l’eau et l’air, produit en masse.

Qui a voulu en arriver là ? Qui a pu désirer voir entre les mains de qui que ce soir une arme si terrible qu’on a même peur de l’utiliser ? Il me semble évident que jamais personne n’aurait pu être assez barge, et c’est comme ça que j’ai compris que réunir des hommes au sein de quoi que ce soit de conçu par sa main, que ce soit un état ou une famille, une association caritative ou un putain de country club, ne peut que mener à la destruction, physique ou non, de l’individu au profit de l’unité.

Avec un raisonnement pareil, comment est ce que je suis censé souhaiter faire quoi que ce soit de positif au sein d’une société organisée que je considère comme le diable himself ? Tout semble y être établi pour frustrer puis anéantir ce qu’il y a d’animal, donc de bon, en moi. Voila pourquoi je vomis des mots, voila pourquoi je suis là au lieu de purger ma soi-disant peine et voila pourquoi je ne m’en fait pas : mon rocher sera toujours là demain, j’ai une consoeur de débranchage et si cet enfoiré de « on » veut y changer quelque chose, il devra la lâcher, sa Bombe. Chiche ?

Tuez le temps

I feel like shit today. Je n’ai rien trouvé dans la langue française qui corresponde aussi bien à mon impression. Je sais maintenant qu’un jour on partira, et qu’on vivra sur une autre planète, et je suis comblé. Mais quand je me suis réveillé vers 12h30, je me suis souvenu que j’étais toujours là, avec des comptes à rendre, des gens à écouter et à ne surtout pas éviscérer. A 18 ans, je suis ulcéré comme un cadre et je décompresse à coups de pilules bleues…

Pendant que je fume clope sur clope assis à mon bureau je me demande ce que font les différents acteurs du plan qui vise à faire de ma vie un enfer de contraintes : la prof de philo est certainement entrain de me lancer un sort pour me rendre incapable d’écrire sa foutue dissertation. La CPE, elle, élabore un algorithme de multiplication exponentielle de mes heures de retenue pendant que mon père réfléchit à ce qu’il pourrait bien me reprocher et que ma mère … Ma mère a déjà fait ce qu’elle avait à faire : sortir en claquant la porte, après m’avoir froidement informé qu’elle ne me supporte plus.

Merde, je veux entendre leurs os craquer, voir leurs expressions d’absolue stupéfaction au moment ou ils réaliseront que je savais, depuis le début, que c’est à moi seul de décider de l’heure à laquelle je me lève ou de ce que j’ai envie d’écrire. Ce jour arrivera. En attendant, j’ai la nausée.

mardi 13 février 2007

Serment

Il y a le ciel et la terre, il y a la lune, il y a l’océan et les montagnes, les maisons de pierre et les phares qui déchirent l'obscurité le temps d’un souffle. Mes poils se dressent et ce son sort de moi, et je suis ce son, je suis un hurlement bestial. On ne nous pas aculés, on a limé ni nos griffes ni nos crocs. Demain, et tous les autres jours, lorsque le ciel deviendra noir et que le tumulte de la ville sera remplacé un silence paisible ou leurs petits pas pressés d’hommes de tête pourront s’entendre à des lieues à la ronde, nous serons là. A nous sentir, à prendre ces qui sera la parce que tout est à nous, créatures de chair et d’instinct. Nous courrons ensemble, nous repaissant de leur viande et de leur sang, de leurs ordures et de leurs secrets, et nous ferons ce que nous sommes. Ici, puis ailleurs, puis toujours, puis jamais. Nous rugissons.

dimanche 11 février 2007

Chaos ex nihilo

Mea culpa ! J’ai bu, j’ai fumé, je me suis livré à la débauche ! Me voila donc, la tête dans les nuages. J’aime cet état… J’ai comme l’impression que tout devient limpide, les comportements sont comme décomposés : chaque seconde contient un océan de concepts qui sont autant de possibilités. Je peux faire rire, crier, pleurer, gémir, sans que rien ne soit spontané. Seulement, les mots comme le temps manquent, et tandis que se lève le brouillard éthylique se dressent les murs de la perception. Que c’est beau. Que c’est inintelligible.

Cet endroit que j’aime a fait de moi la larve encéphalographique que je suis là, tout de suite. Ma mère m’a appelé vers 19h pour me proposer de manger au Logis Sarrasin, repaire secret de la cabale agnésoise. Une assiette de salade plus tard, et une certaine histoire de pénurie a fait le tour du bourg : un voisin bien intentionné m’offre sans rien dire deux capotes dans les ténèbres d’une véranda éteinte, et plus tard Thierry (le propriétaire de l’endroit) me proposera une partie de billard en remplissant sans cesse mon verre d’un vin acide mais efficace. Plus tard, sa Playstation subira nos commentaires salaces, lâchés comme des éternuements entre deux kameha. Va comprendre.

Mais qu’importe ce que me révèlent les molécules qui font rire, et la façon dont elles se sont trouvées dans mon organisme ! Tout ce qui compte, c’est ce corps de velours et son âme de pimp. Ou toutes ces filles faciles qui traînent, le regard vide, dans toutes les rues du monde.

samedi 10 février 2007

Pas de **** sans *****

Quand je me suis réveillé ce matin, je n’avais bizarrement pas la gueule de bois, mais une certaine quantité d’énergie à dépenser. En fait, j’étais carrément proche de la masse critique. Alors je ne me suis pas coiffé, j’ai enfilé un bonnet, des chaussures de sport et je suis sorti courir. Comme je ne suis pas un athlète, une petite montée a eu rapidement raison de mes poumons. J’ai donc marché tranquillement autour de mon village, à regarder bêtement le paysage en profitant du froid. En chemin, j’ai rencontré Ange, un des villageois d’origine contrôlée. C’est un drôle de type celui là, mais je l’aime bien. Un de ces vieux ruraux assez têtus pour réussir à vivre dans une époque révolue : il a une petite entreprise de maçonnerie qui emploie ses trois fils pour toute sorte de chantiers dans le coin, un corps de quarante ans alors qu’il en a soixante-dix et il va à la messe tous les dimanches dans l’église de ce village qu’il ne quitte presque jamais. Et il est passionné de golf. Quand je l’ai croisé, donc, il était en plein entraînement : régulièrement, il va au bord de la route avec son club, tire quelques balles dans un terrain en contrebas puis part les chercher. J’ai un peu parlé avec lui, en essayant de ne pas le déconcentrer, il m’a dit que c’était un sport violent, qu’il fallait écouter pour savoir où les balles atterrissent et que parfois il n’arrivait pas à les retrouver. Mais pendant ce temps, ses yeux, ses yeux de fils d’hier, me disaient qu’il comprenait ce que je faisais là à le regarder sortir son meilleur swing. Ils me disaient qu’il savait tout de ma condition –nôtre condition- et ils me disaient de ne pas m’en faire, de continuer ma route. Alors j’ai souri et je l’ai laissé à ses vieilles balles couvertes de terre.

Un peu plus loin sur la route il y a un monticule d’une dizaine de mètres qui surplombe le vide jusqu’à la ville, 900 mètres plus bas. J’ai employé mes forces animales, encore jeunes, à escalader cet amas de rochers qui semblaient n’être accrochés entre eux que par l’habitude. Il ne m’a fallu que quelques petites minutes d’acrobaties au dessus du ravin pour atteindre le point le plus haut. Là, j’ai allumé une cigarette, pris une photo et je me suis mis à repenser à la soirée de la veille, celle qui m’avait mené là.

Une soirée formidable avec une personne formidable, passée à boire, à rire et à se laisser aller. Petit jeu de séduction, conversations pleines de sens, talent, secrets, désir, confiance… De la peur de l’avenir à l’espoir naissant, de l’envie de Dieu au clin d’œil du sort qui nous a laissés frustrés mais hilares ; on s’est promenés au pays de l’irrationnel et de la joie. Ce que j’ai compris en revoyant tout ça de mon perchoir, c’est que je n’ai pas à expliquer, à regretter ou même à mettre en question ce que je suis (inconciliables corps et pur esprit) : c’est comme ça. Et c’est bien.

A ma gauche se trouvait le haut du village et le drapeau qui y flottait semblait dérisoire, comme si on avait tenté de faire de cet endroit, où un vieil homme peut jouer au golf et un jeune homme trouver la paix, un morceau de France. Hors du temps, hors du monde, toujours le sourire aux lèvres, je suis rentré chez moi.

Ma chambre a besoin de ménage.