Je m’ennuyai, alors j’ai jeté un œil aux statistiques de la page que vous avez sous les yeux. En février, 184 personnes seraient venues y lire mes histoires de frustration, de Lysanxia et –surtout- de lose. Merde. Je ne connais pas 184 personnes, même en comptant les gens sur qui j’ai juste vomi une fois en soirée. Une seule conclusion s’impose donc naturellement : j’avais raison. Je suis traqué, vous êtes tous contre moi : du dentiste qui me demande de le voir régulièrement pour m’enfoncer des implants GPS dans les gencives au voisin dont le sourire forcé ne cache qu’avec peine son intérêt pour le vol de mes organes en passant par les patrons de cafés qui mettent des inhibiteurs de personnalité dans mon carburant, l’air de rien. Je le savais. J’estime à environ 83% la part d’agents du gouvernement parmi ces visiteurs, et peut être même y avait il parmi eux deux ou trois mutants télékinésistes… Ca expliquerai les maux de tête.
Que je sois la cible d’un complot d’envergure internationale ne changera pourtant en rien ma détermination. J’ai une mission sur cette terre, une mission que seule la mort pourrait m’empêcher d’accomplir : déblatérer des inepties cryptiques sur un quotidien que le dernier des éleveurs de fourmis kazakh ne jugerai même pas anecdotique. Quel poids sur mes épaules. Peut être qu’une fois que je serai entré dans une frénésie meurtrière et que j’aurai emporté avec moi dans la tombe une foule d’innocents, ces mots seront la dernière trace de la chute d’un jeune homme pourtant sympathique dans la démence, un autre témoignage de la folie de ce siècle. Et peut être que je me touche trop la bite
Au temps pour la remise en question à laquelle je me serai livré si j’avais eu une once de bon goût. Mais bon, ma psy est en vacances, et c’est un excellent prétexte pour faire n’importe quoi… Ce que je fais à merveille depuis que j’ai eu la brillante idée d’avoir une conscience.