L'année se termine pour moi là ou elle a commencé : sur le belvédère de Sainte-Agnès, par une nuit tranquille d'été. Avec la ville et la mer devant moi, sous les étoiles. Il y a bientôt douze mois j'étais donc au même endroit et au bord du gouffre. Celui qui n'a pas de fond et duquel on ne ressort pas. J'étais une épave, un drôle de truc qui commençait à rouiller. J'étais seul, sans voir ni d'avenir ni rien à désirer. J'étais prêt à renoncer à tous mes rêves, comme un pauvre truand. Et puis j'ai eu un moment de pure beauté qui a tout changé. J'ai envie de croire que c'était quelque chose comme la grâce divine : un souffle, une énergie paternelle m'a poussé à ne pas abandonner, m'a montré une voie que je devais suivre comme étant la seule qui soit bonne. Aujourd'hui sur ce banc je suis assez serein pour murmurer le mot ...bonheur. Plus d'idées noires ou alambiquées qui viennent tourbillonner dans ma pauvre tête, plus rien que la tendresse de l'instant. Ce moment ressemble à celui ou je souriais sous la pluie, ou à celui ou je buvais mon premier café : c'est un moment californien, un de ceux qui résonnent jusqu'à l'infini et ont le gout de larmes de joie. Convenus mais précieux.
J'ai eu mon BAC et l'admission dans "mon" école mardi. J'ai réussi, et c'est tout ce que je voulais pour cette année : me libérer d'un enfer vieux de 15 ans et peuplé de démons grotesques, réaliser un projet idéal. Mais j'ai aussi fait une expérience décisive, redécouvert le monde dehors, changé pour de vrai, retrouvé des connaissance et ... Rencontré quelqu'un que j'aime à ma façon et qui m'aime à ma façon. Je ne parle pas de romance ici. Je parle de quelque chose d'autre. Quelque chose de bon. J'ai juste envie d'être reconnaissant envers tout, envers tout le monde, et de plonger tête la première dans cet avenir enfin neuf. Merci, la vie. Merci, toi qui te reconnaitra.
Ca commence maintenant.
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