mercredi 21 mars 2007

Paris Orly

On se réveille, on se bouge, on bosse, on s’amuse. Un grand verre de jus d’orange pour l’un, une clope pour l’autre, puis l’un révise ses examens pendant que l’autre empile des briques. Peu importe : à la fin de la journée, tout le monde éteint la lumière, et à ce moment là, tout ce qu’on a pu faire ou être n’a plus la moindre importance. L’un comme l’autre est seul dans l’obscurité, et même si il fait chaud et que le lit est confortable, on est foutrement seuls une fois que le tumulte d’une journée routinière –ou moins routinière- s’est tu. Qui n’a jamais pleuré dans ces moments là ? Qui n’a jamais maudit le ciel ?

On me demande de travailler, de m’assumer, de me prendre en main. Mais si dans une vie comme dans l’autre on finit par fondre en larmes de désespoir, quel intérêt ? Je pourrai être le dernier des derniers, je n’en serai pas moins avancé. Voila ou j’en étais, jusqu’à ma rencontre avec un ange. Bon, c’était un ange moderne : algérien-belge-européen, veste en cuir, café-clope. Mais son air trop paisible pour l’un des nôtres a grillé sa couverture. Hassen (c’est son nom) n’a eu que quelques mots à dire pour me rappeler que l’équation n’était pas aussi simple :

« Vous êtes deux, vous êtes jeunes, vous êtes là pour vous épauler l’un l’autre. Tenez, allez vous prendre un café ».

Le temps de s’exécuter, et il s’était envolé. Mais son regard et ses mots, eux, se sont tranquillement glissés jusqu’au cœur de mes os. Voila, je vais maintenant aller éteindre la lumière en me souvenant qu’au même moment, mon binôme est un peu plus bas dans la vallée. Et c’est le sourire aux lèvres que je vais m’endormir.

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