Ok, parlons musique. Et parlons d'amour.
C'était la fin de l'été dans le sud : septembre. La nuit tombait tôt et moi, c'est sur la femme de ma vie que j'étais tombé : c'était "la plus belle fille du lycée" d'après les types que je fréquentait. Et c'est vrai qu'elle était belle, avec des yeux verts qui vivaient vraiment, de longs cheveux bruns-rouges, des lunettes de secrétaire et son piercing de bon goût. Et puis elle parlait, elle écoutait, parfaite. Complètement inacessible. Mais moi, j'étais amoureux et prêt à tout.
Je découvrais au même moment l'énergie psychédélique de la musique des 60's : une époque où on avait encore les couilles de partir, quelque soit le sens qu'on accorde à ce mot. Zappa, Love, The Byrds, Dylan, The Grateful Dead, The 13 Floor Elevator... Donovan. Avec Sunshine Superman, l'album. Et dessus Sunshine Superman, la chanson. Je l'écoutais pour me donner du courage en me rendant aussi présentable que possible : tous les matins, tous les midis, tous les soirs, avec les écouteurs de mon portable qui passaient la journée à me caresser les tympans. Elle collait parfaitement aux soirées qu'on passait ensemble, magiques, californiennes.
On marchait en longeant la mer, poussés par le vent chaud. Il y avait le reflet de la lune, l'odeur du large et les lumières de la ville. On s'allongeait dans l'herbe en regardant le ciel. On buvait de la vodka dans des verres à pied en parlant de tout et de rien, on écoutait de la musique et là encore, c'est Donovan qui sonnait le plus juste, parfait comme la nuit. Je me souviens d'un instant par dessus tous : on était assis sur un vieux mur de pierres dans le cimetière Russe de Menton qui est face à la mer, au sommet de la ville. Il faisait bon mais une petite pluie s'est mise à tomber et le vent a commencé à faire frémir les cyprès. Je lui passait ma veste et elle me demandait si je n'avais pas froid. "Je n'ai jamais froid", puis elle est venu contre moi et on a regardé le ciel, la mer, la ville. En silence.
Je me retrouve assis là chaque fois que j'entend Sunshine Superman. Playlist.
Près de deux ans plus tard, me voila entrain de sauter un grillage avec dans mon sac un paquet de clopes, une bouteille de whisky et mon lecteur MP3. La situation exige que je dégage assez rapidement : les flics qu'elle a appelé viennent d'arriver et moi, j'ai passé les deux dernières heures à donner des coups de pied dans sa porte en l'insultant et en menaçant le minable qui la baise en ce moment. Beaucoup de choses ont changé : autre ville, autre vie, autre époque. Je me jette dans les ronces et j'allume une clope. Cette fille que j'ai passé tant de temps à vénérer n'est qu'une pute maquillée en ange, un parasite de plus que j'ai laissé se glisser jusqu'à mon coeur jusqu'à ce que ses griffes chitineuses l'aient réduit en charpie. Quand j'ai compris qu'il s'agissait de la seule personne sur terre que je ne respecte pas, j'ai décidé d'en profiter pour laisser libre carte blanche à mon instinct pour gérer les relations avec elle, pour m'amuser. Ce qui m'amène dans ces ronces, glissant un "putain" agacé entre mes dents serrées.
Une chanson, une seule pour ce moment là : Gunface, bien sûr.
Aujourd'hui encore, c'est une nouvelle époque qui commence - je les préfère courtes - et ces moments ont perdu de leur substance : ce sont des anecdotes, des cicatrices sur ma carcasse, des leçons dont je n'ai pu garder que le fond. Et la bande originale, que je partage avec plaisir.
C'était la fin de l'été dans le sud : septembre. La nuit tombait tôt et moi, c'est sur la femme de ma vie que j'étais tombé : c'était "la plus belle fille du lycée" d'après les types que je fréquentait. Et c'est vrai qu'elle était belle, avec des yeux verts qui vivaient vraiment, de longs cheveux bruns-rouges, des lunettes de secrétaire et son piercing de bon goût. Et puis elle parlait, elle écoutait, parfaite. Complètement inacessible. Mais moi, j'étais amoureux et prêt à tout.
Je découvrais au même moment l'énergie psychédélique de la musique des 60's : une époque où on avait encore les couilles de partir, quelque soit le sens qu'on accorde à ce mot. Zappa, Love, The Byrds, Dylan, The Grateful Dead, The 13 Floor Elevator... Donovan. Avec Sunshine Superman, l'album. Et dessus Sunshine Superman, la chanson. Je l'écoutais pour me donner du courage en me rendant aussi présentable que possible : tous les matins, tous les midis, tous les soirs, avec les écouteurs de mon portable qui passaient la journée à me caresser les tympans. Elle collait parfaitement aux soirées qu'on passait ensemble, magiques, californiennes.
On marchait en longeant la mer, poussés par le vent chaud. Il y avait le reflet de la lune, l'odeur du large et les lumières de la ville. On s'allongeait dans l'herbe en regardant le ciel. On buvait de la vodka dans des verres à pied en parlant de tout et de rien, on écoutait de la musique et là encore, c'est Donovan qui sonnait le plus juste, parfait comme la nuit. Je me souviens d'un instant par dessus tous : on était assis sur un vieux mur de pierres dans le cimetière Russe de Menton qui est face à la mer, au sommet de la ville. Il faisait bon mais une petite pluie s'est mise à tomber et le vent a commencé à faire frémir les cyprès. Je lui passait ma veste et elle me demandait si je n'avais pas froid. "Je n'ai jamais froid", puis elle est venu contre moi et on a regardé le ciel, la mer, la ville. En silence.
Je me retrouve assis là chaque fois que j'entend Sunshine Superman. Playlist.
Près de deux ans plus tard, me voila entrain de sauter un grillage avec dans mon sac un paquet de clopes, une bouteille de whisky et mon lecteur MP3. La situation exige que je dégage assez rapidement : les flics qu'elle a appelé viennent d'arriver et moi, j'ai passé les deux dernières heures à donner des coups de pied dans sa porte en l'insultant et en menaçant le minable qui la baise en ce moment. Beaucoup de choses ont changé : autre ville, autre vie, autre époque. Je me jette dans les ronces et j'allume une clope. Cette fille que j'ai passé tant de temps à vénérer n'est qu'une pute maquillée en ange, un parasite de plus que j'ai laissé se glisser jusqu'à mon coeur jusqu'à ce que ses griffes chitineuses l'aient réduit en charpie. Quand j'ai compris qu'il s'agissait de la seule personne sur terre que je ne respecte pas, j'ai décidé d'en profiter pour laisser libre carte blanche à mon instinct pour gérer les relations avec elle, pour m'amuser. Ce qui m'amène dans ces ronces, glissant un "putain" agacé entre mes dents serrées.
Une chanson, une seule pour ce moment là : Gunface, bien sûr.
Aujourd'hui encore, c'est une nouvelle époque qui commence - je les préfère courtes - et ces moments ont perdu de leur substance : ce sont des anecdotes, des cicatrices sur ma carcasse, des leçons dont je n'ai pu garder que le fond. Et la bande originale, que je partage avec plaisir.