Mea culpa ! J’ai bu, j’ai fumé, je me suis livré à la débauche ! Me voila donc, la tête dans les nuages. J’aime cet état… J’ai comme l’impression que tout devient limpide, les comportements sont comme décomposés : chaque seconde contient un océan de concepts qui sont autant de possibilités. Je peux faire rire, crier, pleurer, gémir, sans que rien ne soit spontané. Seulement, les mots comme le temps manquent, et tandis que se lève le brouillard éthylique se dressent les murs de la perception. Que c’est beau. Que c’est inintelligible.
Cet endroit que j’aime a fait de moi la larve encéphalographique que je suis là, tout de suite. Ma mère m’a appelé vers 19h pour me proposer de manger au Logis Sarrasin, repaire secret de la cabale agnésoise. Une assiette de salade plus tard, et une certaine histoire de pénurie a fait le tour du bourg : un voisin bien intentionné m’offre sans rien dire deux capotes dans les ténèbres d’une véranda éteinte, et plus tard Thierry (le propriétaire de l’endroit) me proposera une partie de billard en remplissant sans cesse mon verre d’un vin acide mais efficace. Plus tard, sa Playstation subira nos commentaires salaces, lâchés comme des éternuements entre deux kameha. Va comprendre.
Mais qu’importe ce que me révèlent les molécules qui font rire, et la façon dont elles se sont trouvées dans mon organisme ! Tout ce qui compte, c’est ce corps de velours et son âme de pimp. Ou toutes ces filles faciles qui traînent, le regard vide, dans toutes les rues du monde.
dimanche 11 février 2007
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