mardi 7 août 2007
Move your body
Et personne ne me prend au sérieux.
Giulia est italienne et s'en fout.
Adrien parle de moto et fume.
Ma soeur, c'est ma soeur et elle s'en fout.
Sarah est blonde (mais pas trop conne).
Ma mère veut que je mange des produits frais.
Mon père pense que je suis con mais dans le fond il m'aime bien.
Géraud est un connard de geek qui ne sait pas ranger sa bite.
Claude veut récupérer son DVD.
Nico est chiant.
John veut jouer à DDR.
Les Vions sont des vions.
Et caetera. Je passe sur les gens a qui je ne pensent pas et ceux qui sentent la merde. Vous verrez, vous verrez qu'on peut faire tourner le monde à l'envers
lundi 16 juillet 2007
Vietnamese Homerun
Je suis né seul, arraché à la paix utérine dans un flot bouillonnant de sécrétions maternelles. Rien n’a changé depuis, même si la petite chose potelée d’alors occupe un peu plus d’espace : l’existence est solitaire, on ne partage rien. Le souffle du vent ou le goût du café, on les apprécie au mieux en parallèle : chacun son monde. Et le mien m’a ouvert les yeux : si j’ai la tête dans les nuages, c’est parce qu’on m’y a envoyé à coups de batte. Je sais comment on fonctionne, parce qu’après avoir été brisé par ce bon vieux hasard, j’ai du apprendre à me reconstruire. Alors je n’ai pas de remords à me lancer dans la quête d’un bonheur qui ne sera qu’à moi.
Je suis prêt à tuer s’il le faut pour garder mes amis, comme celle qui cet après-midi a réussi à tuer ma paranoïa à grands coups d’honnêteté. Je suis prêt à tuer s’il le faut pour qu’ils se sentent bien dans leurs pompes. Je suis prêt à tuer s’il le faut pour le salut de la confiance. Mais la vie reste une guerre, et on ne peut la mener que pour soi. On se bat pour avoir sa place au soleil contre six milliard d’innocents. Homo homini lupus, en somme, et le Leviathan n’y a rien changé. Désolé, Hobbes, ca n’est qu’une bête de plus lâchée dans la jungle et prête comme les autres à nous bouffer les genitals au moindre faux-pas.
La guerre, on connaît, pourtant : tout le monde se met sur la gueule pour ce qu’on ne peut pas couper en part égales, et ca se termine dans un énorme nuage en champignon. Celle la a un petit quelque chose de différent : la victoire, c’est la paix intérieure. Inutile d’atomiser le reste de l’espèce pour gagner. Il suffit d’être meilleur. Ensuite, on peut souffler et apprécier ce qu’il y a de meilleur au fond de chacun. Parce qu’il y a une bonté humaine, et c’est en son nom que je ne baisserai jamais les bras, parce que je l’aime et c’est tout.
Je veux juste être un étranger partouzeur, vaguement philosophe et profondément satisfait avant que le temps n’ai fait de moi une statue sans visage de plus, érodée par son souffle.
Et c’est dans la poche.
dimanche 15 juillet 2007
De la musique et des filles
Il y a une ambiance qui naît…
Tous ensemble au milieu du stade, on saute en hurlant, parce que Muse est vraiment entrain de déchirer. Tous ensemble on sent la chaleur et la sueur qui commence à couler dans nos cols. Tous ensemble, on est seuls et paisibles, et nos bras immenses peuvent caresser les murs au loin. On est une foule, on est un. Ouais, ce concert était énorme. De la fumée, des impros psychédéliques sur fond d’images hypnotiques et l’inévitable lâcher de ballon. C’était intense, jeudi soir.
Et il y a une ambiance qui meurt…
Le bal du 14 juillet de Sainte Agnès, c’est autre chose. On danse sur de la musette ou du Claude François, mais on connaît les abrutis qui font bouger leurs corps grassouillets. Et du coup, on les voit porter leurs visages heureux, parce que merde, c’est jour de fête. C’est juste la joie en famille au fond. Je me suis bien marré ce soir : quelques verres de Jet, quelques bières, quelques joints… j’ai passé trois heures à discuter avec une victime consentante de l’atmosphère rurale, trouvé ma sœur beaucoup trop perspicace, et eu une véritable conversation de poivrots (« ah ouais cette vodka c’est traître, une demi bouteille et ca m’a retourné ») avec une légende vivante de l’ivrognerie. Allez, je vous fais le tableau : j’entre dans une pièce minuscule d’où s’évacue un épais nuage de fumée. C’est une vision infernale ou une bande de teenagers enragés regardent Love Actually en rigolant, en baisant (enfin, je crois, il faisait sombre) ou en bavant. Mon pied entre en contact avec quelque chose de mou. Ah, c’est Bobo. Il me regarde. Il sourit. Il a les doits en V. Et comme je suis aussi éclaté que lui, ma première réaction est de me demander si c’est un putain de hippie. Puis j’engage la conversation. C’est comme ça que je me suis rendu compte que j’ai passé une bonne soirée aussi.
Voila, c’était juste histoire de violer une fois de plus la dépouille du bon vieux débat de l’exode rural. Et puisque je suis là et que j’ai envie d’être méchant, je recommande à tous les fans du Mechanical Animals de Marylin Manson qui y voient un album original et inspiré d’écouter Cracked Actor de Bowie sur Aladdin Sane. Je viens de faire l’expérience, et je me sens tellement trompé que j’en râle sur mon blog.
Ploum Ploum.
mercredi 11 juillet 2007
C'est la vie (said the old man)
Qu’est-ce que c’est, l’aventure ? J’ai toujours rêvé de parcourir les routes du vaste monde au hasard dans une grosse caisse américaine pour rencontrer des poivrots, des guerilleros, des artistes et des comptables. C’est mon idée de la réponse. Pourtant, aujourd’hui, j’ai retrouvé le sentiment qu’il y a dans ce Road Trip fantasmé et sans aller très loin. J’étais parti pour distribuer des C.V à la pelle dans ces temples du cynisme appliqué que sont les agences d’interim. Je me suis donc retrouvé à Monaco : ces choses là y poussent comme des champignons et puis surtout, là bas, le boulot paie bien. Puis sur le chemin du retour, je me suis perdu. C’est une ville microscopique, Monaco, mais je me suis perdu. J’allais reprendre la route de chez moi quand le destin s’est encore adressé à moi (il est plutôt bavard) : il FALLAIT que je passe par la Turbie, et que le trajet emmerdant et familier devienne une promenade en montagne. Complètement insensé, mais impératif. Arrivé à la Turbie, j’ai eu envie d’un café, alors je me suis laissé tombé sur une chaise du café-bar-tabac-glacier du village (qui fait aussi des sandwiches). Et c’est là que j’ai rencontré encore rencontré Sandrine.
OK, personne ne sait que j’ai rencontré Sandrine il y a un peu moins d’un an. Mais maintenant tout le monde le sait, hahah.
Bon, c’était une autre Sandrine. Pas trop embrouillés ? Je reprend.
Sandrine, donc, m’a aidé à choisir ce que j’allais boire. Puis elle m’a préparé le meilleur jambon-beurre que la terre ait connu (« avec le pain d’en face, le jambon d’â côté et le beurre d’un peu plus loin »), et elle me l’a préparé «au tarif intérieur, pas au prix pour les touristes. Une serveuse aussi gentille au cœur d’un moment pétillant de mystère méritait un pourboire plus que décent et une place de choix dans ma mémoire. Mais il me manquait 8 centimes pour payer. Elle aurait pu être au moins agacée de voir qu’en plus d’être complètement à la masse et indécis, je n’avais pas de quoi la payer. Mais non : elle a voulu laisser passer. Alors je lui ai promis de venir payer le demain sans qu’il soir question de la laisser regretter d’être une fille bien, elle m’a donné ses horaires et je suis parti en lui disant « à demain ». Quand je suis parti, elle m’avait offert un pain au chocolat pour mon petit déjeuner.
Je ne la reverrai probablement jamais après demain. Il faut que je lui offre un truc.
C’est un peu con-con, tout ça. Mais moi, avec une heure de route de montagne sur fond de Sweet Home Alabama et un drôle de sentiment, j’appelle ça l’aventure. Et je vous emmerde.
vendredi 6 juillet 2007
The End
J'ai eu mon BAC et l'admission dans "mon" école mardi. J'ai réussi, et c'est tout ce que je voulais pour cette année : me libérer d'un enfer vieux de 15 ans et peuplé de démons grotesques, réaliser un projet idéal. Mais j'ai aussi fait une expérience décisive, redécouvert le monde dehors, changé pour de vrai, retrouvé des connaissance et ... Rencontré quelqu'un que j'aime à ma façon et qui m'aime à ma façon. Je ne parle pas de romance ici. Je parle de quelque chose d'autre. Quelque chose de bon. J'ai juste envie d'être reconnaissant envers tout, envers tout le monde, et de plonger tête la première dans cet avenir enfin neuf. Merci, la vie. Merci, toi qui te reconnaitra.
Ca commence maintenant.
mercredi 27 juin 2007
1967
« If you're going to San Francisco,
be sure to wear some flowers in your hair...
If you're going to San Francisco,
Summertime will be a love-in there. »
La chanson culte de Scott McKenzie a un incroyable pouvoir de suggestion. A chaque fois que je l’entends, je vois les quinquas barbus que sont nos parents plus jeunes, moins bedonnants, et en route dans un van multicolore vers leur summer of love. Comme pas mal de mes pairs (les jeunes ingrats et matérialistes), je regrette n’avoir pas eu 20 ans à l’époque. Mais pas pour les raisons qu’on pourrait croire. D’accord, des centaines de milliers de chevelus à travers le monde se sont dit qu’ils pourraient faire la différence avec leurs idéaux de paix, d’amour et de liberté. D’accord, ils ont baisé comme des lapins. D’accord, ils sont allés au Tibet avec leur herbe et leurs guitares. Mais ce que l’Histoire nous a appris, c’est qu’ils avaient tout faux : le Flower Power est mort avec les premiers junkies qu’il a engendré, en ne laissant derrière que les perdants qui nous ont élevés, dans un monde qui n’a pas changé. Aujourd’hui, ils entretiennent ce qu’ils s’étaient voués à détruire : regardez les, dans leurs bureaux, entrain d’agiter leurs photos de Woodstock, de parler de leur temps, quand on pouvait encore rêver. Si leur combat est perdu, c’est parce-que ce n’était pas le bon. Et s’ils en sont si fiers, c’est pour puiser dans les yeux admiratifs de leur auditoire l’énergie de se mentir à eux même. De se dire qu’ils n’ont pas perdu leur temps.
Les imitateurs de ces jeunes d’autrefois mériteraient d’être battus à mort. Ils sont de la pire espèce de cons : les cons dangereux. Tous prêts à reproduire les erreurs de leurs ainés, comme des moutons à l’abattoir. Parlez leur d’idéaux, ils vous éructeront un résumé quasi-scolaire de toutes les idées démagos des sixties. Les plus lourds iront jusqu’à réciter du Marx. Ceux là ont choisi la facilité : à quoi bon penser par soi même, puisque d’autres ont déjà eu les idées qui plaisent aux pouffiasses ? Personne n’avance, comme ça. Ca joue les petits révolutionnaires pendant qu’il y a autour d’eux un vrai problème auquel ils n’ont plus le temps de travailler. Si ce sont les espèces de neo-hippies que je hais le plus, c’est parce qu’ils sont champions en termes d’arrogance déplacé. L’exemple le plus frappant en est probablement le T-shirt du Che, porté fièrement, qui veut dire « je supporte les révolutions antimondialistes et ceux qui ont le courage de se battre pour la liberté » mais murmure en fait « je suis en admiration devant l’homme qui a supervisé des exécutions politiques, mis en place des camps de travail forcé et contribué à menacer l’humanité dans son ensemble d’une apocalypse nucléaire ». Et n’oublions pas que leurs aînés avaient tous leur Petit Livre Rouge en poche. Mais si, vous savez, le best-seller d’un tyran responsable de plusieurs dizaines de millions de morts.
Vous voila avec sur les bras une partie des raisons pour lesquelles je conchie les petits rebelles qui sont tellement populaires, et ceux qui y verraient de la pure jalousie m’insulteraient en insinuant de la sorte que je puisse regretter la sympathie d’un ramassis d’ignorants sans âmes. Mais pas un mot sur ce qui m’attire dans l’âge d’or du Vinyle. Eh oui, mes hypothétiques mais néanmoins estimés lecteurs : il faudra attendre un prochain post pour en savoir plus. Je sais que vous crevez d’impatience.
[Message d’intérêt général : mieux vaut rester les bras croisés que les employer à un mauvais combat.]
mardi 26 juin 2007
La Vérité révélée
Une journée si riche en fun entre potes que je ne vous ferai pas l’affront de vous la raconter vient de s’achever. Laissons là la triste banalité du fait pour plonger tête la première dans l’abstraction et tout ce qu’elle peut avoir de tragicomique. Allez.
Je me suis en fait donné pour devoir d’avouer publiquement une tare : je suis un gothique. Pas de poster de The Cure, de bottes montantes ou de font de teint, non, mais un penchant notoire pour l’esthétique du blafard, du blanc sur fond noir et du maigrichon. J’aime les filles en pantalon serré, les courbes généreuses mais délicates à peine soulignées et puis les cheveux bruns, les meubles sobres, et puis j’aime Baudelaire. Un cliché. Merde, qui n’entend pas quand Baudelaire parle, qui n’est pas sensible à la pureté ses vers ? C’est du fait-pour-tout-le-monde, de l’art qui fait vibrer la corde commune. Vous comprenez maintenant, je crois, que ce qui fait à mes yeux de ce fait un aveu difficile, c’est la mégalomanie qui m’interdit de vouloir être commun. Dire « je suis un gothique », c’est dire « je suis un connard doublé d’un emmerdeur né ».
A peine est-ce dit que s’insuffle en moi un sentiment nouveau de confiance en soi. Je peux maintenant sortir dans la rue et hurler :
« J’assume ! J’assume ! »
Et d’enchaîner sur un Joy Division le regard vide, en allumant une clope d’un geste las.
dimanche 24 juin 2007
Rencontre de boulangerie
Salut, Internet. Je t’aime bien toi. On peut passer des mois à te snober puis se remettre, du jour au lendemain, à te raconter nos pensées les plus profondes ou les plus futiles sans que tu nous en tiennes rigueur. J’ai connu des amis moins tolérants. Et en plus, ils ne fournissaient pas le porno. Bon, allez, je crache le morceau : je t’ai privé de mes élucubrations sordides parce qu’elles auraient trop dit de quelqu’un qui n’aurait pas aimé être le sujet de leur cynisme débridé. Ou quelque chose comme ça. Et puis j’étais occupé à la vivre, ma vie, un peu trop pour m’amuser à y chercher quotidiennement l’absurde qui constitue l’essentiel de mon propos. Allez, prend ça comme une excuse et prépare toi à me subir un peu plus…
Etant un peu trop fatigué (euphémisme. Je veux en fait dire : « complètement éclaté, à peine lucide et au bord du split brain ») pour en raconter davantage ce soir, je te propose de découvrir EN AVANT PREMIÈRE MONDIALE le contenu d’un .doc qui moisissait dans un dossier oublié de Dieu lui-même. Je l’ai choisi parce qu’il témoigne du niveau d’inintelligibilité que je peux atteindre pour peu que la fumée qui fait rire ait secoué suffisamment de mes neurones :
« Il y a une part de nous qui est le témoin hilare de nos petites humiliations quotidiennes. Cette autre moi qui nous fait nous dire à voix basse « mais quel con ! », cet esprit désinhibé et lucide au-delà des brumes de nos impressions artificielles. Est il incarné par une sorte de conscience à la fois partie et indépendante de nos êtres, ou n’est il que l’éclat fantasmagorique d’une facette finalement anecdotique de ces même êtres qui ne sont, au mépris de tout mysticisme complaisant, que complexes ? »
Voila ce qui arrive quand on laisse un pauvre type carrément défoncé s’amuser seul à placer le plus possible de mots pédants dans une phrase. Voila ce qui arrive, quand des parents négligent leur devoir fondamental : battre leur gosse s’il manifeste une quelconque forme d’intérêt pour la langue française ou n’importe lequel de ses cours. Je te laisse y méditer.
A bientôt, donc.
jeudi 22 mars 2007
Juste pour dire que ...
Je m’ennuyai, alors j’ai jeté un œil aux statistiques de la page que vous avez sous les yeux. En février, 184 personnes seraient venues y lire mes histoires de frustration, de Lysanxia et –surtout- de lose. Merde. Je ne connais pas 184 personnes, même en comptant les gens sur qui j’ai juste vomi une fois en soirée. Une seule conclusion s’impose donc naturellement : j’avais raison. Je suis traqué, vous êtes tous contre moi : du dentiste qui me demande de le voir régulièrement pour m’enfoncer des implants GPS dans les gencives au voisin dont le sourire forcé ne cache qu’avec peine son intérêt pour le vol de mes organes en passant par les patrons de cafés qui mettent des inhibiteurs de personnalité dans mon carburant, l’air de rien. Je le savais. J’estime à environ 83% la part d’agents du gouvernement parmi ces visiteurs, et peut être même y avait il parmi eux deux ou trois mutants télékinésistes… Ca expliquerai les maux de tête.
Que je sois la cible d’un complot d’envergure internationale ne changera pourtant en rien ma détermination. J’ai une mission sur cette terre, une mission que seule la mort pourrait m’empêcher d’accomplir : déblatérer des inepties cryptiques sur un quotidien que le dernier des éleveurs de fourmis kazakh ne jugerai même pas anecdotique. Quel poids sur mes épaules. Peut être qu’une fois que je serai entré dans une frénésie meurtrière et que j’aurai emporté avec moi dans la tombe une foule d’innocents, ces mots seront la dernière trace de la chute d’un jeune homme pourtant sympathique dans la démence, un autre témoignage de la folie de ce siècle. Et peut être que je me touche trop la bite
Au temps pour la remise en question à laquelle je me serai livré si j’avais eu une once de bon goût. Mais bon, ma psy est en vacances, et c’est un excellent prétexte pour faire n’importe quoi… Ce que je fais à merveille depuis que j’ai eu la brillante idée d’avoir une conscience.
mercredi 21 mars 2007
Paris Orly
On se réveille, on se bouge, on bosse, on s’amuse. Un grand verre de jus d’orange pour l’un, une clope pour l’autre, puis l’un révise ses examens pendant que l’autre empile des briques. Peu importe : à la fin de la journée, tout le monde éteint la lumière, et à ce moment là, tout ce qu’on a pu faire ou être n’a plus la moindre importance. L’un comme l’autre est seul dans l’obscurité, et même si il fait chaud et que le lit est confortable, on est foutrement seuls une fois que le tumulte d’une journée routinière –ou moins routinière- s’est tu. Qui n’a jamais pleuré dans ces moments là ? Qui n’a jamais maudit le ciel ?
On me demande de travailler, de m’assumer, de me prendre en main. Mais si dans une vie comme dans l’autre on finit par fondre en larmes de désespoir, quel intérêt ? Je pourrai être le dernier des derniers, je n’en serai pas moins avancé. Voila ou j’en étais, jusqu’à ma rencontre avec un ange. Bon, c’était un ange moderne : algérien-belge-européen, veste en cuir, café-clope. Mais son air trop paisible pour l’un des nôtres a grillé sa couverture. Hassen (c’est son nom) n’a eu que quelques mots à dire pour me rappeler que l’équation n’était pas aussi simple :
« Vous êtes deux, vous êtes jeunes, vous êtes là pour vous épauler l’un l’autre. Tenez, allez vous prendre un café ».
Le temps de s’exécuter, et il s’était envolé. Mais son regard et ses mots, eux, se sont tranquillement glissés jusqu’au cœur de mes os. Voila, je vais maintenant aller éteindre la lumière en me souvenant qu’au même moment, mon binôme est un peu plus bas dans la vallée. Et c’est le sourire aux lèvres que je vais m’endormir.
samedi 10 mars 2007
L'Afrique
Quand vas-tu te décider à poster ce ".doc" lâchement abandonné sur ton bureau?
Nous t'attendons. Jouis cette fois de ne pas nous attendre, mais finis toi! Et reviens...
Un grand voyage se prépare d'ailleurs...
Amicalement.
mercredi 14 février 2007
Vous m'aurez pas vivant
-Putain, je viens d’avoir une idée géniale !
-Ah ouais, c’est quoi ?
-Bah tu vois, il y avait Buffalo Bill, et il tuait des bisons, et donc on a inventé Buffalo Grill, c’est un jeu de mots astucieux et tout …
-Ah ouaaaaiiiiiiiiis, ouais, c’est vrai, et c’est quoi ton idée alors ?
-Baaaaaah tu vois, il y a eu Tchernobyl, c’était un vrai merdier atomique, alors on devrait ouvrir des Tchernogrills, ça serait marrant, j’veux dire, l’essence de l’humour !
-Merde, t’a trop fumé mec !
Beaucoup de « Ah ouais » et de « Bah » ce soir là donc, et une idée que j’ai été le seul à saisir –normal, elle venait de moi- ça ne fait pas une anecdote très instructive. Mais peu importe. Je suis parvenu à placer deux choses : le pourquoi du titre de ce blog et ma fascination pour le nucléaire. Je crois que ça a commencé au collège, quand j’ai vu ces photos d’ombres décalquées sur les murs : j’ai compris la toute puissance de l’Arme. Un truc capable de souffler une ville et d’en faire une zone condamnée pour des siècles. Un truc capable de faire naître des veaux à deux têtes, des enfants mutants et d’empoisonner l’eau et l’air, produit en masse.
Qui a voulu en arriver là ? Qui a pu désirer voir entre les mains de qui que ce soir une arme si terrible qu’on a même peur de l’utiliser ? Il me semble évident que jamais personne n’aurait pu être assez barge, et c’est comme ça que j’ai compris que réunir des hommes au sein de quoi que ce soit de conçu par sa main, que ce soit un état ou une famille, une association caritative ou un putain de country club, ne peut que mener à la destruction, physique ou non, de l’individu au profit de l’unité.
Avec un raisonnement pareil, comment est ce que je suis censé souhaiter faire quoi que ce soit de positif au sein d’une société organisée que je considère comme le diable himself ? Tout semble y être établi pour frustrer puis anéantir ce qu’il y a d’animal, donc de bon, en moi. Voila pourquoi je vomis des mots, voila pourquoi je suis là au lieu de purger ma soi-disant peine et voila pourquoi je ne m’en fait pas : mon rocher sera toujours là demain, j’ai une consoeur de débranchage et si cet enfoiré de « on » veut y changer quelque chose, il devra la lâcher, sa Bombe. Chiche ?
Tuez le temps
Pendant que je fume clope sur clope assis à mon bureau je me demande ce que font les différents acteurs du plan qui vise à faire de ma vie un enfer de contraintes : la prof de philo est certainement entrain de me lancer un sort pour me rendre incapable d’écrire sa foutue dissertation. La CPE, elle, élabore un algorithme de multiplication exponentielle de mes heures de retenue pendant que mon père réfléchit à ce qu’il pourrait bien me reprocher et que ma mère … Ma mère a déjà fait ce qu’elle avait à faire : sortir en claquant la porte, après m’avoir froidement informé qu’elle ne me supporte plus.
Merde, je veux entendre leurs os craquer, voir leurs expressions d’absolue stupéfaction au moment ou ils réaliseront que je savais, depuis le début, que c’est à moi seul de décider de l’heure à laquelle je me lève ou de ce que j’ai envie d’écrire. Ce jour arrivera. En attendant, j’ai la nausée.
mardi 13 février 2007
Serment
dimanche 11 février 2007
Chaos ex nihilo
Cet endroit que j’aime a fait de moi la larve encéphalographique que je suis là, tout de suite. Ma mère m’a appelé vers 19h pour me proposer de manger au Logis Sarrasin, repaire secret de la cabale agnésoise. Une assiette de salade plus tard, et une certaine histoire de pénurie a fait le tour du bourg : un voisin bien intentionné m’offre sans rien dire deux capotes dans les ténèbres d’une véranda éteinte, et plus tard Thierry (le propriétaire de l’endroit) me proposera une partie de billard en remplissant sans cesse mon verre d’un vin acide mais efficace. Plus tard, sa Playstation subira nos commentaires salaces, lâchés comme des éternuements entre deux kameha. Va comprendre.
Mais qu’importe ce que me révèlent les molécules qui font rire, et la façon dont elles se sont trouvées dans mon organisme ! Tout ce qui compte, c’est ce corps de velours et son âme de pimp. Ou toutes ces filles faciles qui traînent, le regard vide, dans toutes les rues du monde.
samedi 10 février 2007
Pas de **** sans *****
Quand je me suis réveillé ce matin, je n’avais bizarrement pas la gueule de bois, mais une certaine quantité d’énergie à dépenser. En fait, j’étais carrément proche de la masse critique. Alors je ne me suis pas coiffé, j’ai enfilé un bonnet, des chaussures de sport et je suis sorti courir. Comme je ne suis pas un athlète, une petite montée a eu rapidement raison de mes poumons. J’ai donc marché tranquillement autour de mon village, à regarder bêtement le paysage en profitant du froid. En chemin, j’ai rencontré Ange, un des villageois d’origine contrôlée. C’est un drôle de type celui là, mais je l’aime bien. Un de ces vieux ruraux assez têtus pour réussir à vivre dans une époque révolue : il a une petite entreprise de maçonnerie qui emploie ses trois fils pour toute sorte de chantiers dans le coin, un corps de quarante ans alors qu’il en a soixante-dix et il va à la messe tous les dimanches dans l’église de ce village qu’il ne quitte presque jamais. Et il est passionné de golf. Quand je l’ai croisé, donc, il était en plein entraînement : régulièrement, il va au bord de la route avec son club, tire quelques balles dans un terrain en contrebas puis part les chercher. J’ai un peu parlé avec lui, en essayant de ne pas le déconcentrer, il m’a dit que c’était un sport violent, qu’il fallait écouter pour savoir où les balles atterrissent et que parfois il n’arrivait pas à les retrouver. Mais pendant ce temps, ses yeux, ses yeux de fils d’hier, me disaient qu’il comprenait ce que je faisais là à le regarder sortir son meilleur swing. Ils me disaient qu’il savait tout de ma condition –nôtre condition- et ils me disaient de ne pas m’en faire, de continuer ma route. Alors j’ai souri et je l’ai laissé à ses vieilles balles couvertes de terre.
Un peu plus loin sur la route il y a un monticule d’une dizaine de mètres qui surplombe le vide jusqu’à la ville, 900 mètres plus bas. J’ai employé mes forces animales, encore jeunes, à escalader cet amas de rochers qui semblaient n’être accrochés entre eux que par l’habitude. Il ne m’a fallu que quelques petites minutes d’acrobaties au dessus du ravin pour atteindre le point le plus haut. Là, j’ai allumé une cigarette, pris une photo et je me suis mis à repenser à la soirée de la veille, celle qui m’avait mené là.
Une soirée formidable avec une personne formidable, passée à boire, à rire et à se laisser aller. Petit jeu de séduction, conversations pleines de sens, talent, secrets, désir, confiance… De la peur de l’avenir à l’espoir naissant, de l’envie de Dieu au clin d’œil du sort qui nous a laissés frustrés mais hilares ; on s’est promenés au pays de l’irrationnel et de la joie. Ce que j’ai compris en revoyant tout ça de mon perchoir, c’est que je n’ai pas à expliquer, à regretter ou même à mettre en question ce que je suis (inconciliables corps et pur esprit) : c’est comme ça. Et c’est bien.
A ma gauche se trouvait le haut du village et le drapeau qui y flottait semblait dérisoire, comme si on avait tenté de faire de cet endroit, où un vieil homme peut jouer au golf et un jeune homme trouver la paix, un morceau de France. Hors du temps, hors du monde, toujours le sourire aux lèvres, je suis rentré chez moi.
Ma chambre a besoin de ménage.
jeudi 8 février 2007
Ce soir, c'est Lysanxia
Il y a environ 5 ans, quand je m’intéressai à la magie noire comme un ado emogoth peut le faire, j’avais une peur bleue du triple choc : vous essayez de lancer un mauvais sort à quelqu’un, et si vous ratez, vous subissez trois fois quelque chose de la même envergure. Une sorte de justice divine plus flippante que le Talion, rendue par des démons aux noms pittoresques qu’on imagine relativement méchants (disons, Zankotorgzepphal le seigneur de l’abîme aux milles supplices douloureux par exemple). Quand ce n’est pas le grand méchant loup ou le commissaire…
Toujours est il que cette histoire m’était complètement sorti de la tête. Jusqu’à cette nuit : j’ai fait un cauchemar tellement monstrueux que même une fois la journée passée, j’en tremble encore. Et du coup, j’ai vraiment l’impression d’avoir été hanté par un esprit vengeur. Je ne sais pas si j’ai tenté de faire, ou si je suis entrain de tenter de faire quelque chose d’abominable au point que mon inconscient se révolte de cette façon, mais je crois bien que je réfléchirai à deux fois avant de ne pas aider une vieille dame à traverser.
Merde. Je voulais raconter, mais je me rends compte en écrivant que le seul fait d’y penser me retourne la tête.
mercredi 7 février 2007
No comment
Il a plu cet après midi. J’étais assis contre mon mur préféré, entrain de relire Tintin au pays des soviets et quelques gouttes ont commencé à tomber sur les pages. Comme j’étais en plein soleil, je n’ai pas compris ce qui se passait : j’ai levé les yeux, et je me suis replongé dans les aventures du journaliste blondinet. Un train qui explose, un agent de la Tcheka qui tente un meurtre à la peau de banane et… D’autres gouttes ? Le ciel était aussi bleu que possible et très vaguement nuageux, le soleil brillait comme il le fait toujours ici, alors j’ai eu peur. Parce qu’il ne pleut pas quand il fait beau, si ? J’ai rangé la bande dessinée dans mon sac et je me suis rué vers l’intérieur du lycée pour ne plus sentir ce crachin contre nature, pour ne plus voir ce ciel abominable. La petite centaine de mètres qui sépare l’endroit où j’étais du couloir où j’allais avait l’air sordide.
Et c’est tout.
lundi 5 février 2007
Une pincée de megalomanie
Il faut une première fois à tout … Et aujourd’hui c’est mon premier médicament. Du Lysanxia, un anxiolytique à base de Prazépam. Je n’ai pas la moindre idée de ce que ça peut bien être. Je m’en fous. On me dit que quand j’angoisse, quand j’ai l’impression que le monde entier est entrain de se resserrer sur moi, je n’ai qu’à avaler un à un demi comprimé, et paf, en « moins de dix minutes », tout va bien. C’est un putain de miracle que des choses pareilles existent. Je veux d’autres médicaments ! Une pilule pour m’endormir, une pilule pour être heureux, une pilule pour arrêter de penser, une pilule pour fermer les yeux, et hop, je serai chimiquement normal.
Ah et puis, il y a les effets secondaires :
- Troubles de mémoire (trous de mémoire) ;
- Troubles du comportement, modifications de la conscience, instabilité, agressivité, agitation ;
- Dépendance physique et psychique, même à doses thérapeutiques avec syndrome de sevrage ou de rebond à l’arrêt du traitement ;
- Sensations d’ivresse, maux de tête, difficulté à coordonner certains mouvements ;
- Confusion, baisse de vigilance voire somnolence, insomnie, cauchemars, tension ;
- Modifications de la libido ;
- Eruptions, cutanées, avec ou sans démangeaisons ;
- Faiblesse musculaire, fatigue ;
- Vision double ;
- Insomnie, cauchemars, agitation, nervosité, euphorie ou irritabilité, tension, modifications de la conscience, voire des comportements potentiellement dangereux (agressivité envers soi même ou son entourage, ainsi que des troubles du comportement et des actes automatiques)
Et en cas de sevrage :
- Anxiété importante, insomnie, douleurs musculaires ;
- Agitation, irritabilité, maux de tête, engourdissement ou picotement des extrémités, sensibilité anormale au bruit, à la lumière ou aux contacts physiques ;
- Troubles de mémoire, altérations des fonctions psychomotrices.
C’est parfait. Parce que voyez vous, ce truc me permet de me conforter –voire de m’enfoncer- dans ma petite souffrance post adolescente… Et je ne veux pas être heureux. Je veux passer encore des nuits et des nuits à pleurer sous la pluie, à sentir des vérités me vriller l’âme. Je veux que ma peau se détache. Je veux vomir du sang. Avoir BESOIN d’alcool. Chopper des infections sexuellement transmissibles répugnantes. Vivre dans mes déchets. Et puis sortir de mon trou à rat et resplendir comme un joyau tiré de la boue, dans le sang et la sueur.
Oui, c’est une sorte de déclaration de guerre contre l’existence dans son ensemble. Mais c’est ça, ou être médiocre. Et je ne suis pas né pour être médiocre. Je suis né pour baiser Marilyn Monroe.
vendredi 2 février 2007
Apostasie
Je suis un tourbillon multicolore. Je suis heureux comme un pendu. Je suis … Un petit gars en quête d’amour, de sexe, d’alcool et de talent.
J’ai passé la journée à faire le ménage, télécharger des vidéos porno et jouer à des jeux vidéos au lieu d’aller en cours. Je m’en fous, mon avenir est tracé et il sera au moins funky. Pour l’heure, contempler la chute irréversible de la civilisation vers le bilatéralisme idéologique radical en me masturbant me semble être la meilleure chose à faire face à la frustration de l’échec d’une part, et l’impatience de revoir une certaine paire d’yeux d’autre part.
Enfin, peut être que je me voile les yeux. Peut être que l’analyse d’un certain voisin épicier est juste et que ma vie peut se résumer à une envie aussi impérieuse que mal assumée de baiser. Ok, soyons honnête : ça occupe mon esprit, disons, de temps en temps. Souvent. Presque tout le temps. Bon, à part une ou deux choses d’importance capitale, je ne pense qu’à ça.
Est-ce que ça fait de moi un tordu ? Je ne pense pas… Naviguer dans un petit monde délirant en quête de l’Autre est un choix que je ne regrette en rien, mais ça ne change rien au fait que j’ai un corps, et donc une bite, qui doit fonctionner. Et ça veut dire être entretenu et satisfait. Et ça veut dire baiser. Mes idéaux d’amour (plus le temps passe, plus ce mot me semble mal approprié), de tendresse et d’anarchie sentimentale n’ont aucune rapport avec ce fait : même si seule l’expérience d’une fusion metasexuelle saurait me combler, le premier accouplement façon teenager maladroit venu aurait le même effet du point de vue de la stricte nécessité.
Il y a pas mal d’autres choses à prendre en compte dans la situation actuelle, je suppose. Mais je ne vais pas disserter sur les tenants et les aboutissants de ma surcharge érectile. Je tenais juste à reconnaître les choses comme elles sont. Ca, c’est fait. Enfin …