C’est en regardant mon reflet dans la flaque de vomi que je viens de jeter sur le plancher de Laszlo qu’une vérité m’apparaît. « Tu sera toujours un réprouvé », voila ce que je lis entre le reflet de mes yeux vitreux et les morceaux de chipolata, « tu n’aura pas de chien, de gosses, d’écran full HD, pas de costard bon marché ni de Wii pour t’amuser avec ta famille – et de toute façon, tu n’aura pas de famille ».Un peu plus tard, je me demanderai s’il est raisonnable de considérer que Dieu puisse employer un tel moyen pour délivrer ses prophéties. Mais ce moment ne viendra qu’une fois la flaque nettoyée.
C’est, en l’espace de deux semaines, mon second barbecue chez l’éternel relativiste. C’est aussi le dernier avant un moment, puisqu’il nous quitte pour aller chasser le cliché dans les steppes de Mongolie – et nul doute qu’il s’en sortira : bon sang, avec sa coiffure, le cliché se précipitera sur lui dans une tentative désespérée d’accouplement ! Mais l’heure n’est pas à l’exotisme, ni même aux épiphanies gastriques.
LE temps de cligner des yeux, et me voila dans la forêt de Meudon, entrain de prendre pour la dernière fois le chemin gravillonné, de l’open-space à l’arrêt de bus. Je traîne un sac de voyage à roulettes, et il pleut. Entre les journées grotesques de travail et la longue route des vacances, entre la sonnerie de mon portable et le gémissement sans fin de la nationale, j’aperçois un bel arbre. Ca n’a duré qu’un instant, mais il a suffit à me rappeler que les belles choses sont toujours là, que j’aime la pluie, qu’un arbre reste un arbre même s’il est facile de l’oublier quand il est au bord de l’autoroute.
Je suis sur la route, donc. Mon voyage est jeune et ne ressemble pas à l’image type de l’autostoppeur portant son énorme sac comme une tortue son foyer. Mais si on sait déjà à quoi vont ressembler les photos, c’est du tourisme, pas un voyage initiatique. Je dois cependant admettre que les briques rouges du nord ou les tours d’Argenteuil n’ont pas l’aura d’Angkor-Vat : il ne suffit pas d’ouvrir les yeux pour se sentir dépaysé. Là encore, le dépaysement est l’objectif d’un touriste en short : un voyageur ne sait pas plus ce qu’il cherche qu’où il se rend. Un voyageur, c’est un malade atteint d’une affection incurable : l’habitude chronique. Alors il va ailleurs, n’y arrive jamais et espère un miracle.
Il est possible qu’il se produise ou ne se produise pas. Je suis davantage homme d’espoir que de foi. Alors… Si je dois crever intérimaire à Marly ou à Pune, au mois, j’aurai vu la route.
samedi 24 janvier 2009
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2 commentaires:
Parfois j'ai envie de me suicider, je me dis que c'est pas encore l'heure, alors je prend un livre et j'attends que ça passe...
Je ne sais pas bien pourquoi maintenant, pourquoi il y a quelques secondes ma main et la souris, se sont dirigées à l'unissons sur "O COMMENTAIRES". Peut-être que cette fois si ma main droite (il s'agit bien de la seule chose utile à ma vie)a pris pitié de cette mention, qu'elle a trouvé injuste ce manque d'appréciation que devraient connaître ces écrits...pourtant, cela fait bien deux ou trois ans que je vais régulièrement sur ce blog, pourtant je n'ai jamais allongé dans ce carré blanc une seule lettre, pourtant aujourd'hui, je ne sais pas pourquoi, je me retrouve face à cette petite fenêtre ouverte, à ne savoir quoi écrire, et à déblatérer inepties et autres bagatelles...
Dans tout les cas, si tu as besoin d'un but ou d'un public, dis-toi que tu n'écris pas pour toi et qu'il y a quelques âmes qui s'attardent encore presque quotidiennement sur ces pages qui font mal aux yeux en se dépêchant de mettre sur pose la playlist, pour ne pas réveiller les vieux qui dorment et faire défaut à la musique qui raisonne déjà dans le casque et puis quelle idée, on n'écrit jamais pour soi puisqu'à partir du moment où on écrit c'est pour être lu, quelle prétention...en cela le blog est bien plus franc que le journal intime que l'on cache pathétiquement pour mieux chercher à être lu.
Sam Mac Sam, merci d'exister, et si quelque fois l'envie de te suicider te prend (en contemplant une flac de vomi et par extension, le futur désastre de ta vie, par exemple), prend un clavier et frappe les touches au hasard. Ou bien un crayon, un bouquin, un i-pod et autre distraction qui court-court-circuitent temporairement le cerveau et lui font perdre le fil de sa pensée en le distrayant.
Si je reste anonyme, c'est pour ne pas avoir à subir questions ou jugements inutiles.
Amen.
Your blog keeps getting better and better! Your older articles are not as good as newer ones you have a lot more creativity and originality now keep it up!
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