samedi 14 février 2009

14 Février

Joyeuse saint Valentin, ma chérie sans nom.
Ça sent la merguez et la vodka dans la salle communale. Villageois et transfuges imbibent leur côtes de porc : de vodka, de musique 80's, de tout ce qui passe, L'horloge tourne encore et voit les filles devenir femmes, les garçons hommes. Rien ne sera plus comme avant alors on boit, pour oublier demain, pour qu'il devienne gueule de bois. On fête les 40 ans de Dubois au Village, qu'est-ce qui se passe ailleurs ? Dîners aux chandelles, swinger parties endiablées, cuites au bar PMU... Peu importe, c'est la même chose ! On tue le samedi en conneries cronophages, puis on assomme la petite voix de la conscience pour pouvoir dormir enfin, puis c'est dimanche, le jour du Seigneur.
J'ai envie de te baiser jusqu'à ce que mort s'en suive, ma chérie sans nom.
Je ne vois plus la différence entre la douce moiteur d'une chatte anonyme et la lueur blafarde de cet écran pour lequel j'ai vendu deux mois de ma vie. Le même pus d'indifférence suppure de nos plaies. On a vendu nos âmes, amiga, pour acheter un nectar frelaté au goût de cendre. On s'est fait baiser par la réalité. Regarde autour de toi, contemple ton œuvre. Qu'est-ce qui ressemble à tes rêves ? Ce sticker débile à l'effigie de n'importe quoi, cette fenêtre ouverte sur une ville interchangeable, l'amer reflet de tes échecs dans la première surface réfléchissante qui passe ?
Joyeux suicide, mon incomparable psychotique.
On pardonne aux autres leurs inconséquences. Pas par bonté d'âme,non, non, non ! On pardonne aux autres leur inconséquences pour qu'ils nous pardonnent les nôtres. Tous égaux dans la médiocrité criminelle, ah ! Qu'on est beaux ! Paresseux, rationalistes, on rit jaune quand un drôle de chantre vient nous cracher à la gueule nos contradictions contre un bol de soupe. Je me casse d'ici. Plutôt donner mon cœur aux sirènes qu'à un avide quelconque. Plutôt crever d'amour que vivre de substituts.
Va te faire foutre, ma Valentine. Attrape moi si tu peux.

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