mercredi 15 octobre 2008

Les causes perdues

La route du travail est la même tous les jours. L'ennui qu'elle suscite est certainement le plus grand mal de beaucoup, tiraillés qu'ils sont entre le confort qu'elle donne et la vie qu'elle prend. Parce-que la route du travail a toujours été là. Petit, on la prenait pour aller à l'école. On sait où on arrive, quitte pour nos modérés à y perdre un peu de soi. Le compromis est honnête.
D'un autre point de vue, il a fallu la repérer, la route. Déboiser, aménager, couler du goudron. Les lignes à ne pas franchir y ont été tracées. J'ai énormément de respect pour ceux qui les suivent et fraternisent de pause café en week-end. J'aimerai, simplement, qu'ils en aient un peu pour ceux qui errent sur les talus.
La route du travail ne sera pas la même demain. On a beau boucher au ciment les nids-de-poule, elle se craquèle et s'érode comme toute chose, comme chacun. Et puis on ne part déjà plus du même endroit, et on va ailleurs. La route qu'on prendra demain, il bien monter sur les talus pour la repérer. S'enfoncer dans des lieux où l'œil du conducteur concentré ne se pose jamais, et déboiser, aménager, couler du goudron.
Voyant cela, un honorable surnuméraire viendra tracer une ligne pour rappeler à chacun comment se partage la route de l'école. Les impôts de ses gosses paieront le goudron, félicitations. Dites lui juste de se souvenir qu'il faut bien que quelqu'un monte sur le talus pour savoir où le couler.

Aucun commentaire: