jeudi 9 avril 2009

49

Le printemps reviens. Je quitte mes 6 mois de prostration dépressive pour entrer dans un nouveau cycle de bonne humeur, youpi. Il paraît qu'en grandissant on ne perçoit plus le temps comme une série d'évènements, mais de périodes. C'est peut-être un peu vrai : les visages, les situations, les sentiments ressemblent parfois à un écho du passé, les constantes se dévoilent à force de répétition. On avance, pourtant, et il y aura une dernière fois pour tout. Enfin.
Certaines choses changent. En revoyant ces pages noires et vertes, je suis un peu embarassé. Adolescence, post-adolescence, tartinées avec maladresse en un long et fastidieux cri du coeur. En fin de compte, les paroles de Somewhere I belong de Linkin Park suffiraient à résumer tout ce que j'ai eu à dire, et c'est un tantinet pathétique.
J'ai envie de tourner la page. De laisser derrière moi cette complainte passive et de passer à autre chose. J'ai envie d'écrire, pour de vrai. Quelque-chose de construit et de neuf.
L'année commence au printemps si vous voulez mon avis. Les saisons froides sont trop chargées d'agonie : c'est dans ces nuits froides et ce crachin mou, dans le soleil qui s'éteint avant le dîner et les fenêtres fermées à un mode froid. Le printemps sent le neuf, les bourgeons, les fleurs, et les orages tièdes. C'est le bon moment.
Alors sur ce quarante-neuvième message, Tchernogrill s'achève et laisse la place à un peu de fraîcheur et de nouvelles circonvolutions. Promis, j'en laisserai un cinquantième quand elles se finiront à leur tour.

Merci à mes 10 lecteurs de m'avoir prêté attention, à ceux qui ont été ou sont encore mes amis d'avoir fait de la souffrance une prétention. Et puis merde, merci aussi à ceux qui en font une réalité : sans vous, on s'ennuierait.

5 commentaires:

Zephyr a dit…

Hm

Je me rappelle ce temps, le lycée, où tu trainais et séchais sans scrupule et quelque peu nonchalemment devant ce foutu portail en fumant une clope (et plus si affinités), une coupe d'iroquois, une sacoche en cuir noir pleine de BD, et un attitude à faire pâlir de jalousie Bonargent(qui admire profondément l'existencialisme, en parle à tort et à travers, sans toutefois s'appliquer ces principes), ce temps me manque un peu. C'était tellement facile d'être intelligent, admiré, craint ou malheureux, c'était une sorte de cocon gluant et fourmillant, mais c'était facile d'y vivre...c'était nous qui décidions d'être heureux ou pas.
Mais maintenant on s'est tous éparpillés, certains sont morts (19 n'aura jamais été aussi sympathique...), on se recroisera peut-être un de ces quatre, on se saluera on se demandera comment ça va et avant même d'entendre la réponse on sera déjà devant un magasin qui vend sa camelotte, son encens, ses tissus népalais ou ses nems...

J'aime pas le printemps tu sais ? Les couples bourgeonnent comme autant de boutons sur la gueule d'un seconde, et des couples se séparent, ils n'ont plus besoin de leur bouillotte respective, l'hiver est fini, le temps du régime et des t-shirt, du renouveau. Le temps où on se dégourdi les jambes, et où on sort sa gueule palotte, blafarde, maladivement blanchâtre après l'hiver à la maison. L'hiver c'est une douceur cruelle et éternelle, le froid qui tiraille, on s'enfouit sous un pull, sous une couette, toute chaleur est bonne à prendre, l'alcool est un élixir de jouvence...

J'avoue venir presque tout les jours sur ce blog mal tennu, et en aprenant son abandon prochain je suis davantage irritée que frustrée ou triste, un peu comme un gamin qui cherche de l'alcool à tout prix pour oublier ses soucis et qui ne trouve aucun magasin ouvert parce que c'est 8h, parce qu'il est trop jeune de toute façon et qu'il devra encore squatter chez un de ses potes plus vieux.Les vrais soucis ne sont-ils pas insolubles à long terme du fait qu'ils proviennent de l'existence même et non pas de comment on la vit,...?Bref passons, tout ça n'est que digression.

Quand je pense à toi, je ne peux m'empêcher de constater les dégâts: l'immense intelligence et le talent gâché.Il en a était de même pour beaucoup d'autres personnes de notre génération, mais les autres je m'en fiche. Toi en revanche ton intelligece était un fardeau que tu t'es empressé de brûler par les deux bouts, ne sachant qu'en faire, pressé de l'alléger, ce talent fou que tu ne te connais peut-être pas encore et que tu ne sais comment utiliser, tes errances sans fin...

"Heureux les simples d'esprit", il en aurait peut-être mieux était pour toi si ça avait été le cas. Et là encore je répète que je suis déçue que tu n'écrives plus sur ce blog aux pages obsédantes, au jeu de mot cynique, mais tu n'as besoin d'exutoir publique, c'est presque obscène cet étalage de sentiments, cette visquosité d'états-d'âme...

Sam Mac Sam J'espère que tu trouveras le but de tes errances, que tu te jeteras du haut d'une falaise parce que quelqu'un qui dit la vérité à tout bout de champ, les gens ni la vie ne le supportent longtemps, parce que tu es déjà beaucoup trop vieux pour cette époque, ton âme est restée coincée dans un autre temps, dans un autre monde, et si j'osais être un peu spirituelle je dirai qu'il faurait que tu y retournes dar-dar avant de t'adapter et que les portes ne se ferment.

Allez, je vais retourner dans les cachots de ton indifférence et arrêté ce récit inachevé.


(commentaire inutile, je m'abstiendrai la prochaine fois, promis.)


Amen.

Sam a dit…

Désolé Zephyr anonyme, et les autres aussi. Parce-qu'au moment où je poste un commentaire, je brise les règles de ce jeu bizarre que j'ai lancé, et je jette au vent un peu de mon assurance feinte.
Il m'a interpellé, ton message. Il sonne trop juste, trop bien. Je l'ai lu, je suis sorti fumer en me massant l'arrière du crâne et puis je l'ai lu encore.
Mon indifférence est loin d'être un cachot, si tu savais ! J'en connais qui l'appelleraient même liberté. De toute façon, elle ne te concerne pas vraiment.
J'ai beau essayer de mettre un nom et un visage sur ces mots, chercher l'allusion révélatrice,peine perdue. J'espère un peu que tu te montrera.
Quoi qu'il en soit, tes constats sont assez durs mais ça se comprend, si tu préfère l'hiver. Le son des deux grandes saisons qui alternent trop vite, quand on l'entend, a cette tendance à encourager le désespoir. Enfin, je suis rassuré malgré tout en te lisant. Je ne vis pas dans une illusions, finalement.
J'aimerai avoir le temps de polir tout ça, jeter un peu de panache là dedans, mais ça tombe au moment où je me prépare à faire un truc abominable.
on va faire court.
Merci. Fais moi signe si le coeur t'en dit.
Oh, et puis les portes ne se ferment plus. En fait, elles s'ouvrent davantage chaque jour, jusqu'au moment où tout ça va jaillir, et on pourra enfin se mettre en maillot de bain sans régime préalable, et il fera froid un jour sur deux.

Naana a dit…

Great.
Hâte de lire ton œuvre. Pour de vrai.
En tant que grosse conne finie j'aurais sûrement jamais la prétention de pouvoir te dire que je comprend tout c'que tu dis, j'peux juste te dire que je trouve ça beau. Et puis c'est vraiment pas à toi de dire merci, sérieusement, t'es dingue.
Bonne chance, Sam.

Zephyre a dit…

Me (re)voilà à court de mots et Dieu sait que j'ai de l'inspiration... Je voulais juste te refaire signe comme tu me l'as demandé, mais pour dire quoi ? Pour revendiquer mon amour de l'hiver? Ma capacité à me complaire dans un désespoir plus ou moins accentué qui me laisse l'impression d'être davantage lucide que sous la drogue du bonheur? Sam anonyme, je ne me mettrai pas en maillot cet été, ni cet été ni aucun autre jour de l'année ou de celles à venir...le monde va pourrir et exploser et avant d'avoir pu frissonner au contact d'une mer toujours trop froide, des champignons radioactifs auront poussés le long de nos jambes, qui elles, se seront déjà dédoublées...ça partira dans tout les sens et ce sera un feu d'artifice d'hémoglobine et de chair putréfiée!!! Imagine la splendeur du bouquet final...j'en ai des frissons...


(Après avoir pris l'air pour me remettre les idées en place, je pense que ce que j'ai écrit est plutôt amusant, je vais te le laisser...c'est que la soirée a été lourde en absynthe et vodka, deux sirops qui ne font pas bon ménage, d'où mes propos déliés...demain je ne le regretterai pas, je me dirai que j'ai abusé une fois de plus mais je ne regretterai jamais aucun de mes actes, je le refuse viscéralement.)


L'ultime gémissement du profond ressentiment envers la vie qu'on lâche avant de mourir est-il l'unique soulagement de cette vie veine et vaniteuse ? Méditons...moi je vais aller fumer une cigarette mal roulée et j'irai peut-être me coucher, c'est que demain, il faudra vivre encore...


Continues à faire des choses indicibles et à enfreindre tes propres règles, tu es magnifique dans ce moments.

Corentin a dit…

Juste un petit mot au passage pour dire que :

1°) T'es vraiment qu'un gros gay.
2°) Chouette initiative que de vouloir faire quelque chose de vrai, quelque chose de construit, d'achevé, quelque chose qui au final va sentir la sueur et la cendre et qu'on aura quand même envie de lire. De la même manière qu'on on a pu lire un à un les articles de ton blog ; malgré toutes ces lignes vertes dégueulasses qui, apposées sur ce fond noir tout aussi dégueulasse finissent par provoquer des hallucinations psychédéliques. Putain de persistance rétinienne de mes couilles.