T’es lame, mec. Tu fumes de pets en rigolant comme le gros con que tu es profondément, pendant que le monde tourne sous tes pieds et dérive vers l’enfer. Tu pourrais construire quelque chose, ou TE construire. Ouvrir un bouquin, sortir de chez toi, te sortir les doigts et réfléchir cinq minutes à ce que tu fais, à ou tu vas. Tu réaliserais peut être que faire de ton environnement un endroit vivable est notre lot à tous, et pas seulement la corvée des mecs qui tirent la gueule sur tes t-shirts sales. Mais non, perdant. Tu es trop occupé à regarder des petites vidéos marrantes sur Internet. Tu fais ce qu’on te dit de faire sans jamais te demander pourquoi : te lever le matin, étudier, travailler, bouffer, chier, baiser, dormir, recommencer. Je te connais, et je sais que si on te demandait pourquoi tu ne tire pas simplement une balle droit dans la tête, tu te contenterai de ricaner avec ton habituel manque de classe. Parce que le vide qui sert de noyau à ton existence grotesque te fait rire, bolosse. Mais il devrait te faire hurler de terreur.
Tu sais ce qu’on fait des gens creux, aujourd’hui ? On les fait résonner. Prend la guitare sur laquelle tu gratouille come as you are quand tu te sens d’humeur romantique. Tu vois les cordes ? C’est ta weed, c’est ton Facebook, c’est ton poster du Che, c’est ton prime time. Toi, tu n’es que le trou, le putain de trou béant qui ne fait que porter les mélodies qu’un autre joue. Et lui… Lui c’est ton ennemi, pauvre tâche. C’est cette ombre sans nom qui a composé les ballades contre lesquelles tu t’offusque poliment pour draguer les pétasses : Jerusalem, Dachau, Guantanamo, le Rwanda, le Vietnam, l’Irak, les algériens dans la Seine et les missiles à Cuba.
Tu achète ce qu’on te vend, tu le mâche, le digère, et tu nous ponds avec fierté la merde que tes semblables dévorent goulument. C’est comme ça qu’on te reconnait : à ton haleine chargée de déjections. Tu sens Baudelaire mal digéré, Dragon Ball Z et les Doors avalés sans mâcher. Et tu en recommence, inlassablement, jusqu’à répandre ton sperme malade dans l’utérus de ton penchant féminin. Pour que ton échec perdure, et que les parasites que tu élèveras puisse te dire à quel point tu as raison, raison de remplir la décharge que tu leur laissera en partant, raison de baiser leur mère pour qu’ils ne soient pas seuls, raison de piétiner tout ce qu’il y a de beau et que tu n’a pas su voir.
Tu n’es pas qu’un modeste petit pion passif, petite pute. Tu es une partie du problème.