lundi 12 mai 2008

Soyons francs avec le cancer

T’es lame, mec. Tu fumes de pets en rigolant comme le gros con que tu es profondément, pendant que le monde tourne sous tes pieds et dérive vers l’enfer. Tu pourrais construire quelque chose, ou TE construire. Ouvrir un bouquin, sortir de chez toi, te sortir les doigts et réfléchir cinq minutes à ce que tu fais, à ou tu vas. Tu réaliserais peut être que faire de ton environnement un endroit vivable est notre lot à tous, et pas seulement la corvée des mecs qui tirent la gueule sur tes t-shirts sales. Mais non, perdant. Tu es trop occupé à regarder des petites vidéos marrantes sur Internet. Tu fais ce qu’on te dit de faire sans jamais te demander pourquoi : te lever le matin, étudier, travailler, bouffer, chier, baiser, dormir, recommencer. Je te connais, et je sais que si on te demandait pourquoi tu ne tire pas simplement une balle droit dans la tête, tu te contenterai de ricaner avec ton habituel manque de classe. Parce que le vide qui sert de noyau à ton existence grotesque te fait rire, bolosse. Mais il devrait te faire hurler de terreur.

Tu sais ce qu’on fait des gens creux, aujourd’hui ? On les fait résonner. Prend la guitare sur laquelle tu gratouille come as you are quand tu te sens d’humeur romantique. Tu vois les cordes ? C’est ta weed, c’est ton Facebook, c’est ton poster du Che, c’est ton prime time. Toi, tu n’es que le trou, le putain de trou béant qui ne fait que porter les mélodies qu’un autre joue. Et lui… Lui c’est ton ennemi, pauvre tâche. C’est cette ombre sans nom qui a composé les ballades contre lesquelles tu t’offusque poliment pour draguer les pétasses : Jerusalem, Dachau, Guantanamo, le Rwanda, le Vietnam, l’Irak, les algériens dans la Seine et les missiles à Cuba.

Tu achète ce qu’on te vend, tu le mâche, le digère, et tu nous ponds avec fierté la merde que tes semblables dévorent goulument. C’est comme ça qu’on te reconnait : à ton haleine chargée de déjections. Tu sens Baudelaire mal digéré, Dragon Ball Z et les Doors avalés sans mâcher. Et tu en recommence, inlassablement, jusqu’à répandre ton sperme malade dans l’utérus de ton penchant féminin. Pour que ton échec perdure, et que les parasites que tu élèveras puisse te dire à quel point tu as raison, raison de remplir la décharge que tu leur laissera en partant, raison de baiser leur mère pour qu’ils ne soient pas seuls, raison de piétiner tout ce qu’il y a de beau et que tu n’a pas su voir.

Tu n’es pas qu’un modeste petit pion passif, petite pute. Tu es une partie du problème.

mardi 6 mai 2008

La Suite

La suite, la suite…

L’aiguille, cette vieille salope, a continué de tourner. On a tous couru après, et c’est ce qu’on est encore entrain de faire au moment précis où je tape ces mots – et au moment où vous les lisez. Allez, on a qu’à dire que c’est rassurant et je serais tiré de cette introduction poisseuse.

Je parlais il y a peu de mes petits moments zen dans la bande d’herbe au fond du parking de Tertia 3000. Pas de surprises, le monde est toujours aussi pourri : après en avoir profité pendant deux semaines, d’autres ont repéré le bon plan. C’est vrai que je devais avoir l’air bien, allongé là, à faire des grands signes au soleil… Alors les zombies étudiants ont décidé d’essayer, et ils ont tout balayé sur leur passage. Ils ont garé leurs voitures devant le bon petit coin, ramené leurs potes, et se sont mis à brailler leur vent et leurs dragouillages en taxant des clopes. En arrivant sur place ce midi, j’avais l’impression que l’armée chinoise avait marché sur le Tibet… Ah merde, déjà fait. Saloperie de monde dégénéré.


Mais je ne suis pas le Dalaï-lama, je suis un jeune enfoiré de vingt ans capable de tuer pour un BN. J’ai donc mis au point un plan assez démoniaque de contre-attaque. Je me suis levé, et je suis parti en quête : un tour à l’accueil d’où les sympathiques et innocentes secrétaires m’ont dirigé vers le sous-sol de Frank, le-type-de-la-maintenance qui m’a procuré une scie, un marteau et des clous…Un tour à a Bricorama accompagné d’un punk propre au nez percé pour récupérer des chutes des bois (et vraisemblablement me faire draguer employée par ch’ti en tablier qui m’a invité…à une brocante)… quelques minutes sur les ordinateurs fournis par l’école… And voila : une pancarte sur laquelle on peut lire "Cet espace de détente est strictement réservé à l'usage des membres de l'Association des Nazis Violeurs d'Enfants (AINVE). Les contrevenants seront exécutés sommairement. Si vous souhaitez rejoindre l'AINVE, rendez-vous sur http://www.ainve.france.googlepages.com/"

Elle va trôner entre les pâquerettes de mon sanctuaire de silence adoré, le site attend les plus tenaces et c’est de bonne guerre : l’invasion des insupportables parasites a déjà commencé, il est de mon devoir de citoyen de résister jusqu’à la mort.

Ce sont des journées d’action désespérée comme celle là qui font passer la pilule, la grosse pilule bien sèche et amère. Regarde ton meilleur ami se laisser crever, miam. Fait toi enfourner par la machine à former des salariés fidèles, et avale. Ulcère toi jusqu’à ce que tes sucs gastriques dégoulinent sur ta chemise neuve…hmmm…C’est bon hein ? Allez, remplis plus de formulaires que tu ne remplira jamais de pages blanches, tu vois ? Ca passe tout seul.

« La vie, c’est une supernova pleine de délicieux petits éclats de chocolat et de lames de rasoir »

C’est quelque chose que j’ai dit à quelqu’un que j’aimais, va savoir à propos de quoi. Plus ça va, plus je me dis que je suis tombé juste. Tant pis ? Ou tant mieux ?