-Répète ce que tu m'a dit ?!"
-J'ai dit : passe une bonne journée.
Le mec me tire une droite. Son poing fracasse mes lunettes de soleil et moi, je tombe sur le dos. Sur mes coups de soleil. Comme je suis par terre, ses potes en profitent pour former un petit cercle chaleureux autour de moi et me mettre coup de pied sur coup de pied. J'essaye de trouver une répartie cinglante pour ajouter une touche d'humour à cette situation ridicule, mais rien ne vient alors je dis juste : "non mais je vous dépanne et vous me tabassez ? mais c'est quoi ces gens ?!" - ils n'ont pas étouffés par la culpabilité. coups de pied, coup de pied, coup de pied. Un type essaye de m'arracher mon portefeuille. "mais touche pas à mon portefeuille putain !". Coup de pied, coup de pied, coup de pied. D'autres types arrivent et essayent d'expliquer à ceux qui sont entrain de me tabasser que ça ne se fait pas vraiment, j'en profite pour me tirer : j'aurais bien cassé la gueule à tout le monde, mais je n'ai pas encore bu mon café.
Le taff, les potes, les familles, le métro, la banque, les tonnes de courrier à trier et le téléphone qui n'arrête pas de sonner. Dans la nébuleuse chaotique de mon quotidien surcaféiné, il y a une constante : la rage. Plus je vis, plus je vois que ces les sirènes dépravées du pacte social nous tirent pernicieusement vers le récif métro-boulot-dodo. Et après le naufrage, il n'y plus qu'à pleurer. Parce-qu'on croyait vivre sa passion et qu'on joue les pompes à sperme pour des entreprises dépersonnifiées qui nous laissent crever au moindre signe de fatigue. Parce qu'il n'y a pas d'ailleurs, pas de distance qu'elles ne peuvent parcourir pour nous retrouver. Allez, ne nous leurrons pas : concevoir sa vie comme une carrière c'est se jeter dans la gueule du loup. D'où la rage. Dormir peu, gérer peu mais ne jamais arrêter de chercher à vivre pleinement sans se faire attraper ni finir le nez dans le caniveau.
Finalement, quelques coups de pied dans un petit passage souterrain ne pèsent rien dans balance. Ca me fait un souvenir marrant à exploiter dans ma non-carrière de zonard ambitieux. Ca élargit ma confortable bulle de cynisme. Ca alimente la rage.
-J'ai dit : passe une bonne journée.
Le mec me tire une droite. Son poing fracasse mes lunettes de soleil et moi, je tombe sur le dos. Sur mes coups de soleil. Comme je suis par terre, ses potes en profitent pour former un petit cercle chaleureux autour de moi et me mettre coup de pied sur coup de pied. J'essaye de trouver une répartie cinglante pour ajouter une touche d'humour à cette situation ridicule, mais rien ne vient alors je dis juste : "non mais je vous dépanne et vous me tabassez ? mais c'est quoi ces gens ?!" - ils n'ont pas étouffés par la culpabilité. coups de pied, coup de pied, coup de pied. Un type essaye de m'arracher mon portefeuille. "mais touche pas à mon portefeuille putain !". Coup de pied, coup de pied, coup de pied. D'autres types arrivent et essayent d'expliquer à ceux qui sont entrain de me tabasser que ça ne se fait pas vraiment, j'en profite pour me tirer : j'aurais bien cassé la gueule à tout le monde, mais je n'ai pas encore bu mon café.
Le taff, les potes, les familles, le métro, la banque, les tonnes de courrier à trier et le téléphone qui n'arrête pas de sonner. Dans la nébuleuse chaotique de mon quotidien surcaféiné, il y a une constante : la rage. Plus je vis, plus je vois que ces les sirènes dépravées du pacte social nous tirent pernicieusement vers le récif métro-boulot-dodo. Et après le naufrage, il n'y plus qu'à pleurer. Parce-qu'on croyait vivre sa passion et qu'on joue les pompes à sperme pour des entreprises dépersonnifiées qui nous laissent crever au moindre signe de fatigue. Parce qu'il n'y a pas d'ailleurs, pas de distance qu'elles ne peuvent parcourir pour nous retrouver. Allez, ne nous leurrons pas : concevoir sa vie comme une carrière c'est se jeter dans la gueule du loup. D'où la rage. Dormir peu, gérer peu mais ne jamais arrêter de chercher à vivre pleinement sans se faire attraper ni finir le nez dans le caniveau.
Finalement, quelques coups de pied dans un petit passage souterrain ne pèsent rien dans balance. Ca me fait un souvenir marrant à exploiter dans ma non-carrière de zonard ambitieux. Ca élargit ma confortable bulle de cynisme. Ca alimente la rage.
1 commentaires:
Quel chanceux que des gens aient été là pour te sauver la vie. Le genre de truc à te faire retrouver foi en l'humanité, non ? Moi j'ai eu que mes jambes l'autre jour.
J'espère que la rage engrangée te permettra de riposter la prochaine fois, ils le valent bien !
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