Ma vie va commencer à ressembler à quelque chose la semaine prochaine : nouvelle ville, nouveau blog, même merde. Au programme, changer le monde et continuer de fumer trop de clopes. Hier soir, c'était ma dernière soirée dans la ville que je connais trop depuis trop longtemps, et pour fêter ça je me suis lancé dans une grande premère. Un boite. Moi. En boite. Un type qui aime parler d'apocalypse nucléaire et de pornographie pédophile à des poivrots cirrhosés, à l'endroit ou on va, entrain de faire ce qu'on fait. Eh bien je dois dire que j'ai passé une putain de bonne soirée qui m'a conforté dans l'idée d'une réconciliation avec la culture de masse et l'espèce humaine en général. Bon allez, cut the BS, je vous raconte ça tout de suite.
Ca à commencé dans un bar à shots de menton ou l'alcool était assez bon marché pour qu'on puisse boire un vrai coup. Deux Cerveaux, Un Aftereight et 6 B52 pour moi : en français, des trucs à base de Bailey's dont certains sont allumés au chalumeau par un serveur fatigué. Même s'il y avait un Vion dans l'assemblée - le Vion est espèce rare de zombie sans âme qu'on reconnait à sa calvitie étonamment avancée- l'ambiance était plutôt chaleureuse pour ce qui n'était qu'une cuite express sous prétexte de regroupement. Une fois la métabolisation de l'éthanol engagée, on est allés s'enfumer un peu sur la plage histoire d'être sûrs de pouvoir danser comme des dieux. Je me suis dit quelque chose comme "je devrai me sentir un peu con, au milieux de 16 autres personnes au bord de l'eau, à regarder si un joint vient dans ma direction", puis le joint en question est arrivé et la réflexion s'est perdu dans un nuage. Le temps de lancer un autre de mes plans drague foireux et on était partis pour Monaco, capitale de la hype et de la night dans un rayon de 50 kilomètres. John le mec sérieux dans son costrad sérieux au volant de son bolide rouge tango (si si, ca existe), L'autre Sam et sa chemise rose saumon en plein discours sur la façon dont les videurs allaient nous laisser dehors assis à sa droite, Antho le futur para et le pauvre moi entrain de danser à l'arrière, on a pris notre pied juste en faisant la route : c'est dire si la soirée commençait bien. On a pris nos plus beaux airs confiants et on a grimpé les marches du Karément avec un naturel à faire froid dans le dos.
Puis on est entrés.
J'ai du mal a croire que j'aie pu me passer d'une ambience qui me convient tellement par pure étroitesse d'esprit. La bande de cons pédants que je m'attendai à voir remplir cet endroit était en fait une foule de jeunes bestiaux en concurrence permanente, et toute la nuit un jeu de bravoure glam confiné dans un micro-univers magique : tellement peu de lumière, tellement peu de détails à observer qu'on regardait forcément la même chose, qu'on pensait à la même chose et qu'on pouvait se concentrer sur l'essentiel : danser, se regarder, et se laisser guider par la bête qu'on enferme d'usage au fond de nous par manque de courage. Puisqu'on en parle ... "la sélection naturelle se fait au courage", dit ma psy, "les animaux ne s'affrontent pas : c'est le plus brave, et non le plus fort, qui va perdurer". C'est de cette idée que j'ai fait l'expérience hier soir. Le paroxysme de la culture, avec ses stroboscopes et son DJ sapé comme un Dieu, est finalement ce qu'on a de plus proche de l'état de nature. Et c'est bon, foutrement bon. Vodka-Redbull et Sex on the beach par dessus cette expérience transcendentale, et vous devriez comprendre pourquoi je parle de "putain de bonne soirée".
Comme je le disai sur le chemin du retour, je viens de prendre une nouvelle habitude. On se voit à Paris ?
dimanche 9 septembre 2007
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